La BOAD finance l’émergence de l’Afrique de l’Ouest

Depuis bientôt 35 ans, la BOAD œuvre pour le développement pérenne des pays ouest-africains par l’économie. Très active l’an dernier, elle a déjà signé plusieurs accords d’envergure avec ses membres en 2017.

Fondée en 1973 par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a pour mission de favoriser le développement équilibré de ses huit pays membres : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Ce faisant, la BOAD ambitionne de solidifier l’économie en l’Afrique de l’Ouest en finançant des projets industriels, infrastructurels ou encore tertiaires qui permettront d’améliorer les conditions de vie locales.

Basée au Togo, où elle a ouvert ses portes aux étudiants de l’université de Lomé fin janvier, l’institution indépendante soutient des structures publiques et privées sous forme de prêts, de participation au capital d’entreprises, de financement d’opérations, de garantie d’emprunts et de conseil financier.

Ses ressources proviennent essentiellement des dotations des pays membres, de l’épargne régionale et de la mobilisation du capital souscrit par ses actionnaires, parmi lesquels figurent la France, la Belgique, le Maroc ainsi que la Banque africaine de développement (BAD) et plusieurs établissements bancaires agissant pour la Chine, l’Inde, l’Allemagne et l’Union européenne.

De nouvelles actions au Togo, au Bénin et au Sénégal

Ses multiples interactions lui ont permis de nouer des partenariats avec plusieurs organisations régionales et internationales, comme la Banque pour l’investissement et le développement de la communauté des états d’Afrique de l’Ouest (BIDC), avec qui elle cofinance des travaux routiers sur un tronçon de 150 km entre Lomé et Ouagadougou pour un montant de 4,4 milliards de FCFA (6,69 millions d’euros). Depuis le début de l’année, la BOAD a également multiplié les actions auprès de plusieurs de ses membres. Le 4 janvier, elle a signé un accord de prêt de 6,5 milliards de FCFA (9,88 millions d’euros) avec la République du Bénin dans le cadre du financement partie du Projet d’appui à la croissance économique rurale (PACER).

Cette somme permettra de la mise aux normes 250 km de pistes rurales, la construction de magasins de stockage et de hangars de marché ainsi que l’aménagement de 405 hectares pour le maraichage et la production de riz, selon ministre d’État Pascal Koupaki.

Dans la foulée, la BOAD a accordé le 8 février un autre prêt à la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) pour un montant de 25 milliards de FCFA (38 millions d’euros). Cet argent, qui représente 82,3 % du coût total du projet, doit permettre le renforcement et le réaménagement des réseaux de distribution dans plusieurs régions du pays. « Les actions de la BOAD visent à réduire le coût de production de l’électricité, accroître le taux d’accès à l’électricité, résorber le déficit énergétique par l’accroissement de la production et la promotion d’interconnexions régionales », précise Christian Adovelande, son président. Au 31 décembre 2016, la BOAD a ainsi engagé 850 milliards de FCFA (1,292 milliards d’euros) dans le domaine de l’énergie en Afrique de l’Ouest.

Réunion stratégique à Abidjan avec Alassane Ouattara

Le 9 février, c’est en Côte d’Ivoire que le président de la BOAD a annoncé le nouvel engagement de la banque à hauteur de 350 milliards de FCFA (532 millions d’euros) pour contribuer au Plan national de développement 2016-2020. Avec une croissance moyenne de 8,5 % par an entre 2012 et 2015 selon la Banque mondiale, l’économie ivoirienne joue un rôle moteur en Afrique de l’Ouest et même en Afrique subsaharienne, notamment par sa capacité à redistribuer à la population.

Entre 2013 et 2014, le salaire moyen y a en effet quasiment doublé (60 000 FCFA contre 36 000 auparavant). Lors de sa réception par le président Alassane Ouattara, également à la tête de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), Christian Adovelande en a donc également profité pour évoquer la coopération entre la Côte d’Ivoire et la Banque, mais aussi pour faire le bilan des activités de l’institution.

Sur l’année 2016, les investissements de BOAD ont atteint 500 milliards de FCFA (760 millions d’euros), contre 300 milliards (456 millions d’euros) en 2015, principalement dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures de transport et de l’agriculture. Si elle a considérablement augmenté le total de ses investissements, la BOAD reste toutefois fidèle à son orientation initiale de développement et d’intégration économique.

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