Coupe du Monde 2022/Qatar : l’OIT suspend ses investigations

Qatar droit du travail OIT enquêteL’Organisation Internationale du Travail (OIT) avait ouvert en 2014 une enquête à l’encontre du Qatar. Et cela, en raison de possibles violations par Doha des droits des travailleurs immigrés, recrutés pour mener à bien le chantier de la Coupe du Monde 2022. L’OIT a néanmoins décidé mercredi de clore l’instruction devant la volonté de l’Etat gazier de montrer patte blanche sur ce dossier. 

Le gouvernement local s’est en effet engagé à mettre un terme au système de « Kafala » qui emprisonne les travailleurs immigrés dans un prisme vicieux; ces derniers étant obligés d’être parrainés par un citoyen qatari pour travailler, entre autre, sur les chantiers de la Coupe du Monde 2022.

Ce parrain avait alors un droit illégitime sur « leur poulain » et devait donner son aval pour que ce dernier cesse sa mission. Une prérogative facile à mettre en oeuvre puisque le passeport du travailleur était ni plus ni moins confisqué dès son arrivée au Qatar.

Cependant, Doha a confirmé auprès de l’OIT qu’il allait revoir très prochainement sa législation sur le séjour des étrangers afin que les travailleurs migrants puissent sortir librement du pays.

Autre avancée sociale et pas des moindres, les autorités ont également annoncé qu’elles allaient rehausser le salaire minimum en vigueur actuellement.

Bien que l’Organisation décide de garder un oeil sur la concrétisation de ces promesses, cette décision laisse songeuse tant les débordements semblent nombreux sur les chantiers. En atteste, une récente étude de l’ONG, Human Rights Watch, en date du 27 septembre dernier :

Les températures extrêmes qui sévissent au Qatar entre les mois de mai et septembre peuvent être directement liées à l’hyperthermie, l’épuisement et la déshydratation observés chez de nombreux ouvriers. Selon les autorités locales, 520 décès ont déjà été recensés dans les communautés d’Inde, du Népal et du Bangladesh, qui forment les trois quarts de la main-d’œuvre immigrée du Qatar, estimée à 2 millions de personnes (soit 90 % de la population totale du pays). Les inquiétudes suscitées par ces chiffres ont fait réagir le gouvernement, qui est ainsi devenu le premier État du Golfe à appliquer des restrictions rigoureuses à l’égard des heures de travail d’été. L’emploi du temps des ouvriers doit désormais s’adapter aux températures et s’arrêter dès que celles-ci représentent un danger pour la santé des travailleurs. »

Comble de l’ironie, relève Europe 1, le nouveau texte empêche seulement les gens de travailler dehors entre 11h30 et 15h00 sur la période allant du 15 juin au 31 août, lorsque les températures peuvent atteindre 50 degrés…

Le changement reste donc encore très utopiste, cela va sans dire.

Sources : Le Journal Economique et Europe 1

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