Le loup bientôt exclu de la liste des espèces strictement protégées ?

Loup Drôme Danger Élevages
Alors que les attaques de loups se multiplient contre les troupeaux dans les Hautes Baronnies (Drôme), la sénatrice locale, Marie-Pierre Monier (PS), souhaite que Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, réfléchisse à la possibilité de déclassement du loup des espèces strictement protégées.

Dans ce marasme animal, la petite commune de Ballons est particulièrement touchée par les attaques du prédateur. A tel point que « des centaines de personnes, habitants et élus, ont récemment manifesté pour apporter leur soutien aux éleveurs qui doivent faire face au loup », indique Le Dauphiné.

Dans le cortège, Claire Lapie et son compagnon Yann Rudant sont particulièrement touchés par ces assauts nocturnes; un manque à gagner particulièrement difficile à digérer pour le couple :

Nous ne dormons plus de crainte de retrouver notre troupeau massacré au petit matin. Les bêtes sont stressées et nous craignons des avortements. Pourtant, nous avons mis en œuvre toutes les mesures de protections préconisées : parcs électrifiés, chiens de protection, surveillances pluriquotidiennes, mais rien n’y fait. Devrons-nous abandonner ? Quelle profession peut accepter cette pression et ce désespoir ? », soupirent-ils, las. 

Et pour cause, ces derniers demeurent à Ballon depuis maintenant trois ans avec l’ambition de faire fructifier leur certification d’agriculture biologique via la valorisation en vente directe d’agneaux et de laine.

La fronde s’organise donc localement pour s’opposer à l’expansion d’une espèce scrupuleusement protégée par les textes, mais qui laisse planer un danger certain sur les zones d’élevage.

En atteste les chiffres avancés par le média qui évoque les vallées de la Méouge et de l’Ouvèze où un troupeau est attaqué par les loups tous les quatre à cinq jours. Mais ce n’est pas tout, depuis janvier, il y a eu 20 attaques sur des troupeaux, provoquant la perte de 247 animaux (124 expertisés et 123 disparus).

Le Sénat en juge de paix ?

Finalement, ce dossier a pris tellement d’ampleur qu’il est remonté jusqu’aux plus hautes sphères de la vie politique hexagonale.

C’est le cas de la sénatrice, Marie-Pierre Monier (PS), qui profitera de la séance du mardi 21 novembre à l’Hémicycle pour placer cette problématique au centre des débats; le but étant de déclasser le loup des espèces strictement protégées.

Source : Le Dauphiné 

 

Déjà 2 commentaires sur cet article

  1. Moiraud régis dit :

    Les maires ont été les premiers à soutenir les agriculteurs victimes des attaques, qu’ils en soient remerciés. relayés par les députés et les sénateurs de façon peut-être moins massive, encore qu’il serait difficile dans les zones loups de trouver un représentant national qui ne serait pas en faveur d’un déclassement ou de modifications favorables aux éleveurs. Le point-clé aujourd’hui est probablement ce coin enfoncé à Bruxelles.
    Les articles les plus importants votés par le parlement européen pour l’élevage à l’herbe français :
     » 34. constate que les espèces indiquées comme nécessitant une protection stricte dans la directive «habitats» ont atteint un bon niveau de conservation dans certaines régions d’Europe et sont susceptibles de mettre d’autres espèces et les animaux d’élevage en danger et, partant, de perturber l’équilibre naturel de l’écosystème; appelle la Commission à développer un processus d’évaluation qui permette de modifier le statut de protection d’une espèce dans une région donnée dès que le niveau de conservation souhaité est atteint;

    35. rappelle que la coexistence des populations et des grands carnivores, notamment les loups, peut avoir des répercussions négatives sur le développement durable des écosystèmes et des zones rurales peuplées dans certaines régions, notamment en ce qui concerne l’agriculture traditionnelle et le tourisme durable ainsi que d’autres activités socio-économiques; appelle la Commission et les États membres à prendre des mesures concrètes afin de remédier à ces problèmes pour ne pas compromettre le développement durable des zones rurales, tout en reconnaissant la flexibilité qu’offre la directive «habitats»;

    36. invite la Commission à soutenir des mesures telles que la formation des agriculteurs à la protection du bétail contre les grands carnivores et l’échange de bonnes pratiques en matière de protection du bétail entre les États membres;

    37. déplore que la PAC n’ait pas été conçue pour protéger le pastoralisme, mode d’exploitation agricole traditionnel en voie de disparition, un outil historique important pour la gestion de l’habitat et la conservation de la nature; appelle de ses vœux un plan d’action en faveur d’un cadre de développement du pastoralisme dans le réseau Natura 2000; »

    L’ensemble est ici : http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=TA&reference=P8-TA-2017-0441&language=FR&ring=B8-2017-0589

  2. Cnudde dit :

    Il faut continuer à les protéger

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