Le groupe Audiens reforme son pôle mutualiste

Le groupe Audiens a développé de nouveaux partenariats pour la création d’un pôle mutualiste, malgré un début d’année mouvementé et le départ de la mutuelle uMen.

Le 6 janvier dernier, la mutuelle uMen (ex-Audiens), consacrée aux indépendants du monde de la presse, du spectacle et de la communication, a adressé une lettre à tous ses adhérents, dans laquelle elle fait acte de son départ du groupe Audiens. Motif : une absence de « vision partagée sur la stratégie et la gouvernance ». Conséquences directes : un nouveau nom (uMen), un partenariat avec un nouveau groupe 100% mutualiste, Harmonie, qui devra être effectif avant le 31 décembre 2017. Et dans son sillage, la mutuelle a entrainé avec elle la MRSSC (Mutuelle des Réalisations Sanitaires et Sociales de la Communication), ainsi que la fin de la collaboration avec le centre de santé René Laborie. L’année 2017 a donc été tumultueuse pour le groupe Audiens, avec des relations tendues avec ses anciens partenaires. « Nous avions conclu un accord au 1er septembre 2017, mais qui rencontre de grandes difficultés d’exécution » explique Patrick Bézier, le directeur général d’Audiens.

 

« Le départ d’uMen attire désormais de nouveaux partenaires » 

Au plus fort de la crise, le premier champ de bataille a été de rassurer les salariés. 170 postes étaient directement concernés par ces départs en chaîne. Si certains ont suivi uMen, entre 12 et 20 personnes, les autres ont été reclassés et seraient couverts par la Convention Collective Nationale de la Mutualité. « Nous souhaitons que ces salariés conservent de bonnes conditions d’emploi et de travail », précise Eric Breux, directeur du pôle entreprises et institutions pour le groupe Audiens.

Autre bataille de taille à mener, rassurer les adhérents mutualistes dont certains pensaient que le groupe cesserait purement et simplement ses activités de complémentaire santé. Le groupe aurait ainsi déployé des trésors de communication pour conserver ses adhérents. Et la stratégie semble avoir payé, selon les dirigeants d’Audiens. « Nous pensons qu’uMen ne devrait conserver qu’entre 20 et 30% de ses adhérents », se veut, rassurant, Eric Breux. Du côté d’uMen, on communique peu sur ces chiffres. La mutuelle, engagée dans un processus d’intégration avec le groupe Vyv, préfère faire profil bas.

Du côté d’Audiens en tout cas, on veut combler le vide. Le groupe de protection sociale pourrait sceller de nouveaux accords. « Le départ d’uMen attire désormais de nouveaux partenaires », selon Patrick Bézier. En creux: le groupe a su encaisser ce départ et sa stabilité reste intacte.

 

Nouveau départ

En définitive, si le divorce a fait beaucoup de bruit, l’impact pour le groupe de protection sociale semble aujourd’hui plutôt nul.

Les départs du début de l’année 2017 ? On peut difficilement estimé qu’ils ont affaibli le groupe, fort d’1,4 milliard d’euros de cotisations rien que pour l’année 2015. Une force de frappe qui permet à ce dernier de fusionner ses caisses Arrco (pour les salariés) et Agirc (pour les cadres), avec ses homologues de Pro BTP, Lourmel et B2V dès le 1er janvier 2018. Des pourparlers sont toujours en cours avec le groupe Agrica pour rejoindre un tel pôle mutualiste. « L’un des intérêts de l’Alliance pro est notamment de pouvoir lisser les pics d’activité entre membres et de mutualiser certains investissements », ajoute Eric Breux.

Plus important, le groupe Audiens accueille désormais la mutuelle Pleyel Santé (forte de 11,4 millions d’euros de cotisations) et marque emblématique de la Mutuelle Intergroupes Poliet & Ciments Français (ou MPICF) suite à une mise en place, par ce dernier, d’une association dédiée, l’APRPA (Assistance à la Personne en Résident Privée pour Aînés).  Quant au départ de la MRSSC, il est compensé par de nouveaux accords, avec le centre dentaire Pleyel (à Saint-Denis) et la clinique dentaire Prédentis à Paris.

Résultat des courses: selon l’Argus de l’assurance, Audiens resterait dans le peloton de tête des dix instituts de prévoyance les plus rentables de France et le deuxième IP en termes de réputation. La page « uMen » semble avoir bel et bien été tournée.

 

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