Savoir-faire français : non, tout n’est pas perdu !

LVMH Bernard Arnault Safran Dassault Renault

Si beaucoup d’observateurs, déplorant les difficultés de l’industrie française à l’heure de la mondialisation, cèdent aux sirènes déclinistes, des entreprises françaises comme le groupe LVMH présidé par Bernard Arnault, le spécialiste des hautes technologies, Safran, ou encore le constructeur aéronautique, Dassault Aviation, démontrent que le savoir-faire français sait se défendre.

La fine fleur de l’industrie hexagonale à la découpe. Depuis plusieurs années, une certaine litanie occupe le devant de la scène économique : les grands noms de l’industrie française seraient tous voués, à plus ou moins long terme, à passer sous pavillon étranger. Incapables de s’adapter à une mondialisation toujours plus galopante, les fleurons hexagonaux seraient victimes des délocalisations et de l’insatiable appétit des ogres américains ou asiatiques…

Force est raison de constater que l’actualité donne souvent crédit à ce discours alarmiste, sur fond de désengagement d’un Etat aux finances exsangues. Alstom, le spécialiste du transport ferroviaire et des systèmes de production d’énergie, a ainsi vendu sa branche énergie à l’américain General Electric en 2014. L’équipementier télécoms Alcatel, après s’être rapproché de l’américain Lucent, est finalement tombé dans l’escarcelle du finlandais Nokia, qui s’est empressé d’annoncer plusieurs centaines de suppressions de postes en France.

Le géant européen de la sidérurgie Arcelor, né en 2001 de la fusion entre le français Usinor et l’espagnol Aceralia, a été racheté en 2006 par le mastodonte indien Mittal Steel, à la suite d’une OPA hostile – les ex-salariés des sites de Gandrange et Florange s’en rappellent encore. Même histoire chez STX France, les anciens Chantiers de l’Atlantique, basés à Saint-Nazaire et cédés en 2006 à un groupe norvégien, avant de passer en 2008 sous pavillon coréen puis, en 2017, sous le contrôle de l’italien Fincantieri. La liste paraît sans fin…

LVMH, Zodiac-Safran, Rafale : le savoir-faire français fait de la résistance

Si le dépeçage de l’industrie française au profit d’intérêts étrangers fait souvent les gros titres d’une presse faisant du déclinisme son fonds de commerce, il serait pourtant faux d’en déduire que tous nos fleurons nationaux sont menacés. De belles réussites tricolores témoignent, au contraire, que les grandes entreprises françaises savent se défendre et perpétuer un certain savoir-faire hexagonal.

Le fleuron français, le groupe de luxe LVMH, en fait partie : ce dernier démontre en effet que les entreprises françaises ne sont pas condamnées à être victimes de la mondialisation. Avec un actionnariat familial, 37,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2016 – réalisé à 80% à l’étranger – et quelque 3 940 magasins disséminés de par le monde, le groupe dirigé par Bernard Arnault a réussi le pari de conserver l’essentiel de ses moyens de production sur le territoire français.

A l’heure des tout-puissants GAFA, LVMH démontre qu’un grand groupe français peut rester fiscalement basé dans l’Hexagone, peut fabriquer les produits de ses 70 Maisons sur le sol français, mais aussi rester contrôlé par un actionnariat tricolore, tout en conquérant de nouvelles parts de marché à l’international. Ou la démonstration que le « Made in France » n’est pas qu’un slogan, mais une réalité économique solidement ancrée.

Autre bonne nouvelle, la fusion prochaine entre Zodiac Aerospace et Safran. Longtemps repoussé, le rapprochement de l’équipementier aéronautique et du fabricant des moteurs de l’Airbus A320 ou du Boeing 737 se profile et devrait donner, d’ici à février 2018, naissance à un géant – français – du secteur. A terme, le rachat de Zodiac devrait permettre à Safran de se hisser à la deuxième position au niveau mondial dans le secteur des équipements aéronautiques et à la troisième dans celui de l’aéronautique.

Fort de 90 000 collaborateurs et d’un chiffre d’affaires estimé à plus de 21 milliards d’euros, le nouvel ensemble « permettrait de défendre le leadership français, estime le général Jean-Paul Paloméros, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, alors que les mastodontes du secteur sont en pleine consolidation ». « Si la fusion avait lieu, elle entrerait dans les annales de l’Histoire – à tout le moins, celles de l’aéronautique », conclut le militaire dans une tribune parue en mai dernier dans les colonnes du magazine Challenges.

Le savoir-faire français fait donc de la résistance. Si les ex-chantiers navals de Saint-Nazaire vont bien passer sous pavillon italien, leur production restera localisée en France. L’entreprise, qui doit livrer 14 nouveaux navires de croisières d’ici 2026, va créer au moins 3 500 emplois. Et que dire du Rafale, le bijou de Dassault Aviation, si longtemps boudé par les acheteurs internationaux et désormais prisé par de nombreuses flottes militaires ? L’Inde a confirmé l’achat de 36 nouveaux modèles, l’Egypte de 24 puis 12 exemplaires en 2017, et le Qatar de 12 nouveaux avions.

L’excellence française passe aussi par la réussite de nos constructeurs automobiles : Renault s’est ainsi allié à Microsoft afin de lancer un futur modèle de voiture connectée, un projet pour lequel l’entreprise a déjà lancé une campagne de recrutement de plus de 300 emplois hautement qualifiés. La Maison France n’a pas dit son dernier mot.

 

 

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