Microcrédit : selon Dominique Nouvian Ouattara, le FAFCI a permis de financer 122 000 femmes

Dominique-Nouvian-Ouattara-

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Le microcrédit est-il l’ « arme financière » de ce début de 21ème siècle ? La pratique, qui consiste en l’attribution de prêts de faibles montants à des entrepreneurs ne pouvant accéder aux prêts bancaires classiques, ne cesse en tout cas de faire des émules. En Côte d’Ivoire, le succès du Fonds d’Appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI), lancé par la Première Dame du pays Dominique Nouvian Ouattara, témoigne de la pertinence de ce levier pour les femmes. 

D’après l’ONG The Microcredit Summit Campaign, le microcrédit représentait 11 milliards de dollars et comptait près de 200 millions de clients en 2010, parmi lesquels 140 millions de femmes (soit 74 %). Et, globalement, depuis que les Nations unies (ONU) ont décrété l’année 2005 « année internationale du microcrédit », le concept s’est propagé un peu partout sur la planète. En Afrique notamment.

Incitateur de projets, créateur de richesses et d’emplois, vecteur d’audaces entrepreneuriales, le microcrédit est effectivement très en vogue dans les pays en voie de développement. Il permet de créer tout un maillage économique dans certaines régions, parfois ex nihilo, dans de nombreux secteurs, de l’agriculture à l’artisanat en passant par l’économie sociale ou l’éducation. A l’arrivée : un effet de levier global, une amélioration de l’accès aux services de base – en matière de santé et d’alimentation notamment – et, in fine, une mutation économique « à la base », tournée vers les populations les moins aisées.

Mettre fin aux discriminations

En septembre dernier se tenait d’ailleurs à Marrakech (Maroc) le CreditInfo Global Forum, une conférence internationale sur le financement qui a lieu tous les deux ans, devenue l’un des rendez-vous incontournables des différents acteurs dans les domaines de la banque et de l’assurance, notamment. « Au départ, nous pensions que ce serait difficile, mais à mesure que nous progressons, on peut bien voir que la demande va croissante […]. Nous sommes aujourd’hui présents dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, Centrale et de l’Est » confiait alors à l’Agence Ecofin l’un de ces experts. Laissant entendre que le microcrédit continuerait de progresser dans cette partie du continent.

A Lagos, au Nigéria, ce sont les femmes qui se saisissent de cette « arme financière », dans le but de faire disparaître les disparités avec les hommes – selon l’ONU Femmes, les premières ont effectivement 20 % moins de chances que les seconds de posséder un compte en banque, un pourcentage qui augmente en cas de veuvage ou de célibat. En 2013, Nkem Okocha fonde Mamamoni, une entreprise sociale offrant des formations professionnelles à des femmes aux revenus modestes, ainsi qu’un accès à des prêts de microcrédit via des services bancaires mobiles. Le but ? Mettre fin aux discriminations dont elles sont victimes aux guichets de banques.

« Notre but est de fournir un capital à celles qui n’y ont pas accès auprès des banques commerciales » déclarait au Figaro Madame Nkem Okocha en novembre dernier. « Mamamoni a été créé par empathie : je voulais aider les femmes de ma communauté que je voyais sans activité, à la maison avec leurs enfants, sans argent pour les envoyer à l’école. » Un tropisme pour la solidarité qu’elles sont beaucoup, en Afrique subsaharienne, à partager. C’est le cas de Dominique Nouvian Ouattara, qui a soufflé en septembre dernier la cinquième bougie de son Fonds d’Appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI), pilier de la microfinance au féminin dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Dominique Nouvian Ouattara : « le FAFCI a permis de financer 122 000 femmes »

« Après cinq années de fonctionnement, nous avons 15 milliards de francs CFA qui ont pu être distribués grâce au « revolving » et ont permis de financer 122 000 femmes sur toute l’étendue du territoire national » renseignait à l’occasion la Première Dame ivoirienne. Non mécontente d’annoncer également que, « constitué au départ d’un fonds de démarrage d’un montant d’un milliard de francs CFA, le FAFCI est aujourd’hui doté d’un capital de 8,5 milliards de francs CFA. » Soit une progression de plus de 800 %. Grâce, notamment, à environnement propice au microcrédit, à l’intérieur du pays.

Alassane Ouattara, le président de la République, annonçait ainsi en septembre dernier avoir accordé une rallonge d’1,5 milliard de francs CFA destinée au FAFCI, quand dans le même temps le gouvernement s’engageait à assainir le secteur de la microfinance, perturbé par les déboires du premier réseau d’IMF (institution de microfinance) ivoirien, l’UNACOOPEC, avec 63 % du marché. Aujourd’hui sous administration provisoire, il devrait se voir restructurer à hauteur de 40 milliards de francs CFA par l’Etat ivoirien, qui a exigé en retour qu’il réduise sa voilure, en diminuant notamment le nombre de ses sociétés.

Loin de doucher les espoirs ivoiriens, cette évolution du paysage de la microfinance devrait servir à verrouiller la présence de la Côte d’Ivoire sur la liste des pays africains dynamiques en matière de microcrédit – Nigéria et Kenya en tête. Globalement, l’Afrique subsaharienne va faire face, dans les prochaines années, à plusieurs défis au fur et à mesure que le microcrédit va progresser dans la région. Mais également connaître des perspectives. Pour les femmes, notamment. Dont certaines pourront voir leurs projets se réaliser, pour un rééquilibrage du « rapport de force » économique entre les sexes, à plus ou moins long terme.

 

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