Jonathan Fiawoo (BRVM) : « Notre place financière est unique au monde ».

Jonathan Fiawoo est l’ancien président de la Chambre de Commerce du Togo. Il est également administrateur de la Maison de l’Afrique à Paris, et chef d’entreprise. Jonathan Fiawoo est par ailleurs administrateur de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières, une place de marché commune aux 8 pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine. L’occasion de revenir sur le contexte favorable que représentent aujourd’hui l’économie régionale ouest africaine.

 

Quelles sont les perspectives pour la BRVM en 2018 ?

Jonathan Fiawoo – Après deux années un peu délicates, les perspectives sont, je le crois, très positives. La baisse de 21 % de la BRVM Composite en cumulé pour les années 2016 et 2017 devrait être en grande partie récupérée. Ceci n’est pas un souhait, mais une projection d’une économie régionale qui amorce une dynamique positive. Pays moteur de la BRVM, la Côte d’Ivoire attend une croissance de 7,8 % en 2018 et le Sénégal devrait faire presque aussi bien avec 7 %. Les investisseurs ont confiance d’autant plus que les déficits budgétaires de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) devraient baisser de 4,4 % à 3,3 % selon les prévisions du FMI.

Cette dynamique est renforcée par le fait que les périodes plus difficiles comme en 2011 ont toujours été suivies d’un fort rebond. La confiance est là en ce début d’année avec huit des neuf indices qui sont dans le vert. Les “BRVM Investment Days” qui s’ouvrent dans quelques jours à Johannesburg illustreront certainement la confiance en notre place financière qui est –rappelons-le – unique au monde.

 

En quoi consistent ces BRVM Investments Days ?

Nous lançons un « road show » composé de trois dates pour cette année 2018. Nous serons à Johannesburg dès le 14 mars afin de présenter aux investisseurs la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières de l’Afrique de l’Ouest. Nous nous rendrons ensuite le 2 mai à Londres avant une présentation à New York le 20 septembre prochain. Il est important d’évangéliser en dehors de la sous-région, car une Bourse regroupant huit pays est tout à fait unique comme je le soulignais. Ces rencontres sont la possibilité de rencontrer les directions des sociétés cotées à la BRVM, d’échanger avec d’autres acteurs économiques et de se lier avec les sociétés de gestion et d’intermédiation. Pour les investisseurs qui connaissent déjà bien notre place financière, nous mettons actuellement en place un système permettant de procéder soi-même à des opérations « en temps réel ». Il s’agit là d’une mesure de démocratisation qui devrait avoir des effets positifs sur les volumes échangés et sur la cotation des entreprises.

 

Existe-t-il un risque pour ces nouveaux investisseurs ?

La Bourse est une activité qui admet un risque inhérent. L’évolution des marchés doit être suivie avec attention et l’achat et la vente de titres se fait en fonction de la confiance que l’on a en une entreprise. La Bourse n’est pas un jeu de hasard où les gagnants ont de la chance tandis que les perdants n’en ont pas. Nous souhaitons avoir des investisseurs les plus informés possibles. Cela évite ainsi les mouvement haussiers et baissiers difficilement explicables et qui entament la confiance envers la BRVM et les sociétés qui y sont cotées. Mais comme je le disais, la dynamique est positive et des investissements pensés pourront générés des bénéfices importants.

 

Pouvez-vous être plus précis quant à la hausse espérée ?

Je ne souhaite pas jouer au diseur de bonne aventure et avancer un chiffre qui serait ou trop faible ou trop élevé. Néanmoins on peut s’attendre à une hausse proche de deux chiffres tant les signaux économiques de pays comme le Sénégal et la Côte-d’Ivoire sont au beau fixe. La croissance attendue jusqu’en 2021 supérieure ou égale à 6,5 % par an pour ces deux économies. De plus, les mouvements enregistrés en 2017 sur la BRVM laissent penser que les portefeuilles vont progressivement se rééquilibrer en faveur des actions. A partir de la fin du premier trimestre 2017, les obligations ont été préférées aux obligations et l’année 2018 devrait connaître un mouvement de balancier en faveur des actions. Tout cela s’inscrit dans le cadre d’un renforcement de la BRVM.

 

Vous faites allusion à l’accord de don notamment signé par la Banque africaine de Développement (BAD) ?

Effectivement, cet accord signé au début du mois de février par la BAD et le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (CREPMF) va permettre de débloquer 980 000 dollars (environ 520 millions de FCFA). Ces fonds contribueront à la modernisation du cadre réglementaire sur lequel fonctionne la BRVM. Nous nous rapprochons ainsi des standards internationaux et nous pourrons proposer de nouveaux outils très utiles comme les « Diapora Bonds », des obligations qui attireront une partie de l’épargne de la diaspora vers des projets intéressants pour le développement économique et humain de la sous-région.

 

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