Transition énergétique, quand écologie rime avec emploi

La transition énergétique crée de nombreux emplois, bien plus que les énergies fossiles. Contrairement aux idées reçues, elle est un puissant moteur de croissance.

C’est l’un des principaux enseignements du rapport « Les emplois de la transition énergétique, une opportunité pour la France », réalisé par le CLER en collaboration avec le Gimélec, le Gesec, la CFDT et Réseau Action Climat.

« Un investissement d’un million d’euros permet de créer 19 emplois dans l’efficacité énergétique ou 14 emplois dans les renouvelables, contre seulement 5 dans le charbon ou le nucléaire », révèle le rapport. Il s’appuie notamment sur une étude de l’Ademe et l’OFCE selon laquelle « la transition énergétique générera 330 000 créations d’emplois d’ici à 2030 et 825 000 d’ici à 2050 ». Le CIRED estime quant à lui que « la mise en œuvre du scénario négaWatt aboutit à un effet positif sur l’emploi, de l’ordre de 240 000 emplois d’ici à 2020 et 630 000 d’ici à 2030 », souligne le rapport.

Un optimisme qui est également de mise dans les énergies renouvelables, un secteur où les projets d’envergure – et les créations d’emplois – se multiplient.

GE Renewable Energy, la filiale d’énergies renouvelables du conglomérat américain General Electric, a annoncé jeudi 1er mars au moins 330 millions de dollars (270 millions d’euros) d’investissements en France pour développer et produire l’éolienne en mer la plus puissante au monde, Haliade-X 12 MW. Environ 60 millions de dollars seront attribués à la modernisation du site de Saint-Nazaire, où les nacelles seront produites. Près de 100 millions de dollars seront quant à eux attribués à l’usine LM Wind Power de Cherbourg, dont l’ouverture en 2018 permettra la création de 550 emplois directs et 2 000 emplois indirects.

Estimations enthousiastes

De son côté, la société européenne Siemens Gamesa s’apprête à construire deux usines d’éoliennes au Havre avec à la clé « un minimum de 750 emplois directs et environ un millier d’emplois indirects ».

Dans la filière solaire, les estimations sont aussi enthousiasmantes. Publiée par l’association de l’énergie solaire Enerplan en 2017, une étude prospective sur la compétitivité et l’emploi de la filière solaire française estime à 10 000 le nombre d’emplois que le secteur pourrait créer à l’horizon 2023 si la France atteint l’objectif assigné au photovoltaïque dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Le solaire thermique pourrait de son côté contribuer à la création de 10 000 emplois supplémentaires sur la même période.

Cela dit, « si la France adopte un scénario ‘ambitieux’, c’est-à-dire un objectif supérieur de 10 % à celui fixé dans la PPE, la filière photovoltaïque pourrait créer 16 000 emplois entre 2017 et 2023 », explique l’étude.

Contrairement à ce que certains prédisent, la fin du travail n’est sans doute pas pour demain. Le passage des réseaux actuels d’électricité vers des réseaux dits « intelligents » le confirme. Les appareils connectés génèrent des milliers d’emplois et constituent même le domaine en plein boom dans les Hauts-de-Seine, selon une enquête récente du Parisien. « En tête de pont, les compteurs d’électricité Linky (Enedis) et de gaz Gazpar (GRDF) qui permettent de relever les consommations ou surveiller le compteur à distance », précise le quotidien.

Linky, environ 10 000 nouveaux emplois

Pas moins de 35 millions de boîtiers Linky devront être installés en France à l’horizon 2021. D’après les chiffres d’Enedis, cela représente 5 000 emplois créés pour la fabrication des compteurs et 5 000 emplois de techniciens de pose pour leur l’installation.

Mais la transition énergétique et les énergies renouvelables (EnR), ce sont aussi des compléments de revenus non négligeables pour de nombreux Français, notamment les agriculteurs. Selon une étude diffusée en février par l’Ademe, « les exploitants agricoles dotés en EnR peuvent acquérir un revenu complémentaire de plus de 15 000 € annuels. Ils allègent également leur facture énergétique de plusieurs milliers d’euros ». L’étude a identifié plus d’une cinquantaine d’opportunités offertes aux agriculteurs selon leur filière, les caractéristiques de leur exploitation, leurs possibilités d’investissements financiers ou leur volonté d’implication dans la gouvernance des projets.

Des chiffres qui devraient encourager la France, ce « (très) mauvais élève de la transition énergétique » à faire davantage d’efforts. En effet, selon le Conseil économique, social et environnemental (Cese), « la profonde mutation de nos modes de production et de consommation », que la loi de transition énergétique supposait, n’a pas eu lieu. Pire, la trajectoire observée actuellement « n’est pas la bonne », faute de volonté politique concrète et de moyens, résume La Croix.

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