2012, le duel de l’économie : le logement

L’article de cette semaine de notre série qui s’emploie à faire le point sur les propositions des candidats à l’élection présidentielle de 2012 se concentrera sur les propositions visant à résoudre le problème du logement. Celui-ci est sans doute un enjeu majeur de cette campagne à cause de la crise économique.

François Hollande

Le candidat du PS veut renforcer la loi SRU en augmentant les sanctions pour les communes refusant d’accueillir les ménages aux revenus modestes et moyens. Des terrains de l’Etat seront mis à disposition pour la construction de nouveaux logements et une loi encadrera les prix des loyers lors de la première location dans les zones où les prix sont excessifs.

Un dispositif de caution solidaire sera mis en place par les jeunes tandis que 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants seront construits au cours du quinquennat.

Les exigences en matière de construction de logements sociaux seront portées à 25% tandis qu’une règle des trois tiers bâtis (un tiers de logements sociaux locatifs à loyer modéré, un tiers de logements en accession sociale, un tiers de logements libres) permettra la mixité sociale.

Nicolas Sarkozy

L’accès à la propriété sera favorisé par l’instauration d’un droit d’achat pour les locataires de logements sociaux ; la vente de ces appartements financera d’autres logements sociaux. Les logements sociaux seront attribués dans la plus totale transparence par l’instauration d’un guichet unique pour les demandes de logement social au niveau de chaque agglomération.

La location des logements du parc privé à prix raisonnable sera facilitée par la mise en place et le développement de l’inter-médiation locative pour les étudiants ; il est question aussi d’un bail « gagnant-gagnant » où le loyer faible est compensé par des délais de préavis plus court et des procédures d’expulsion accélérées.

Le loyer pesant trop sur le budget des ménages, ces mesures visent aussi à sécuriser le pouvoir d’achat des français. Il est aussi question de construire plus de logements pour les classes moyennes afin de débloquer leur parcours résidentiel afin que le logement social ne soit plus considéré comme un recours. Pour ce faire, les maires « constructeurs » seront encouragés grâce à la modulation des dotations de l’État et la mobilisation des terrains disponibles.

François Bayrou

Le candidat du Modem désire mettre en place une cession des terrains de l’État à des fins de construction sociale ainsi que porter la loi SRU à 25% de logements sociaux dans les zones en tension. La mixité sociale sera imposée par la loi.

Il est question aussi de la mise en place de formules de logement « ultra-social » qui regrouperaient 3 ou 4 logements sociaux autour d’un animateur social. Une mutuelle logement sera obligatoire à des fins de garantie contre les impayés de sorte à remettre sur le marché les logements vacants.

Un nouveau plan de cohésion sociale sera concrétisé par la convocation d’une Conférence Nationale du Logement, une loi de programmation de cinq ans, ainsi que la création de « préfets de la cohésion sociale et du logement ».

Un observatoire des loyers sera créé afin de rendre publics les loyers zone par zone ; les abus seront corrigés par la taxation.

Marine Le Pen

Marine Le Pen veut améliorer les conditions de rachat par les locataires de leur logement social après 10 ans d’occupation. Un chèque « premier logement » permettrait aux jeunes accédant à la propriété de bénéficier d’un crédit d’impôt.

La spéculation sur les terrains constructibles sera limitée et la taxation des terrains constructibles non construits alourdie.

La transparence dans les procédures d’attribution des logements sociaux sera garantie par des réunions rendues publiques. Les bénéficiaires de ces logements qui ne paieraient pas leur loyers verront leurs sanctions renforcées ; la loi SRU sera adaptée aux possibilités concrètes de chaque commune.

Le système des aides au logement sera simplifié et se recentrera sur ceux qui doivent naturellement en bénéficier en premier.

Les programmes immobiliers neufs dans les zones aujourd’hui désertées sera définit par l’État dans le cadre d’une politique d’aménagement du territoire. Pour ce faire les services de l’État devront détenir une capacité de contrôle accrue. Les cités construites entre 1955 et 1970 seront détruites dans le cas d’un plan décennal pour être remplacées par un habitat de taille et d’esthétique traditionnelles.

Eva Joly

Mme Joly veut construire 500.000 logements à basse consommation par an, dont 160.000 logements vraiment sociaux. Les exigences et les sanctions de la loi SRU seront renforcées, passant à 25% dans les communes voire 30% en Île-de-France.

Les logements laissés à l’abandon dans les villes seront réquisitionnés par le préfet pour en faire des logements ; la taxe sur les logements vacants sera augmentée et appliquée aux bureaux.

Les expulsions locatives sans solution de relogement seront interdites tandis que les propriétaires auront une garantie contre les impayés. La mise en place d’un « miroir des loyers » obligera le propriétaire à aligner son loyer sur ceux du voisinage ce qui permettra de baisser les loyers là où le marché a augmenté démesurément.

Un million de logements par an sera rénové au niveau « basse consommation d’énergie » à commencer par ceux dans lesquels vivent 8 millions de personnes en situations de précarité énergétique, d’ici à 2020 ; les bâtiments publics seront rénovés d’ici à 2030.

Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon veut que le logement social soit reconnu comme le logement universel accessible à tous. La construction de 200.000 logements sociaux publics par an durant 5 ans sera prévue dans un plan pluriannuel.

Le budget logement sera porté à 2% du PIB en crédits de paiement, tandis qu’une aide à la pierre à hauteur de 40% du coût des opérations sera remis en place. La loi SRU portera le nombre de logements sociaux à 25%, voire 30% dans les zones de tension.

Toute personne en difficultés économiques et sociales ne pourra pas être expulsée tandis que le budget loyer ne devra pas dépasser 20% du budget des familles. La loi MOLLE favorisant l’accès à la propriété au détriment du logement social sera abrogée. L’APL sera revalorisée en supprimant le mois de carence de son attribution et son caractère rétroactif.

Il est question aussi de la création d’un service public national et décentralisé du logement de l’habitat et de la ville.

Nicolas Dupont-Aignan

M. Dupont-Aignan propose de mettre en place un plan visant à permettre, en cinq ans, l’accession à la propriété pour 2 millions de ménages. Pour ce faire, des prêts garantis par l’État seront mis en place tout comme la vente d’une partie des logements sociaux à leurs locataires.

Philippe Poutou

Le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste propose de mettre en place un programme massif de construction de logements sociaux.

Nathalie Arthaud

Nathalie Arthaud veut que l’État prenne en charge lui-même la construction massive de logements sociaux ; un service public du logement social sera créé et aura pour objectif la construction de 500.000 logements sociaux par an à prix coûtant sans génération de profit privé.

Les expulsions seront stoppées tandis que seront réquisitionnés les logements immédiatement habitables parmi les 2,3 millions de logements vides en France. Les loyers seront gelés par la loi.

Laisser un commentaire