Moody’s dégrade les notes de l’Espagne et de sept banques européennes

Les grandes banques européennes sont passées sous le microscope de l’agence de notation Moody’s Investors Service. Après l’Espagne, c’est la France, la Belgique, et les Pays-Bas qui sont soumis à l’examen de notation.

Hier soir, l’agence de notation Moody’s a abaissé la note souveraine de l’Espagne de trois crans, passant de A3 à Baa3. Cette dégradation fait suite à l’annonce d’un prêt pouvant atteindre jusqu’à 100 milliards d’euros que le pays va recevoir dans le cadre du sauvetage de ses banques. L’Espagne n’est pas sans reste car l’agence l’a placé sous revue, avec un risque de nouvelle dégradation d’ici à trois mois.

Le reste de l’Europe n’est pas épargné. D’abord la France ou Moody’s a dégradé, vendredi 15 juin, la note de la banque BPCE de deux crans, de A2 à Aa3, et confirmé celle du groupe Crédit mutuel CIC à Aa3. L’agence a également abaissé la note de Oddo et Cie à Ba1. L’examen des notes des banques françaises BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole, est prévu pour le 15 février 2013.

En Belgique,  le bancassureur KBC a été dégradé de deux crans. L’agence de notation justifie cette baisse par « la détérioration de l’environnement macroéconomique européen » qui pèse sur son activité bancaire très exposée en Irlande et en Hongrie. La banque KBC a ainsi vu  sa note sur la dette à long terme baisser à A3 contre A1 auparavant, ramenant par conséquent celle du groupe KBC à Baa1, contre A2. Moody’s n’entend pas réévaluer ces notes à court terme, ce qui offre des perspectives de stabilité stable au pays.

Moody’s a également abaissé la note de cinq banques néerlandaises, de deux crans pour quatre d’entre elles. Selon l’agence de notation, une sortie de la Grèce de la zone euro pourrait entrainer de nouveaux déclassements.

Ces dégradations de notes ont une influence directe sur les banques et dirigeants européens, mettant à nouveau la pression pour trouver des solutions définitives pour sortir de la crise de la dette de la zone euro.

Triple A, double B ou simple C: le destin de nations entières semble aujourd’hui ne tenir plus qu’à trois petites lettres. Cependant, la crédibilité des agences a été remise en cause a plusieurs reprises depuis la crise des subprimes de 2007. Il est important de noter que Moody’s est largement détenue (13%) par Berkshire Hathaway, la société d’investissement du financier Warren Buffet, le cinquième homme le plus influent de la planète.

Cette même agence, qui avaient noté Triple A des « Junk Bonds » (obligations « pourries ») avant 2007, rétrograde les notes des banques françaises, belges, hollandaises et celle de l’Espagne la qualifiant de “Spéculative”.

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