L’économie française toujours en quête de compétitivité

parisLa stratégie économique du pays est contestée à gauche comme à droite alors que Bruxelles ne fait pas confiance aux prévisions françaises pour 2015. En effet, depuis plusieurs années la parole de Paris manque de crédibilité et de cohérence comme l’explique le patron de la banque privée du CM-CIC, Christophe Mazurier. Pendant que Xavier Timbeau (OFCE) nous explique que la priorité à l’Elysée n’est plus donnée à l’austérité, Olivier Passet (Xerfi) souligne que la recherche de compétitivité est partie dans une mauvaise voie. Même le nouveau commissaire européen, Pierre Moscovici, a du mal à dissimuler la situation critique dans laquelle se trouve notre économie…

L’offre originale : la compétitivité avant la réduction des déficits

Malgré les efforts de Michel Sapin pour trouver des surplus de recettes afin d’éviter de voir le budget français sanctionné par l’Union Européenne, les divergences entre Bercy et la commission européenne s’accentuent. Si les désaccords portent principalement sur les prévisions, les critiques mettent également en cause les arbitrages réalisés jusqu’alors. Comme le résume d’ailleurs le directeur de la banque privée au sein du CIC-Crédit Mutuel, Christophe Mazurier, ” la stratégie économique de François Hollande confine à l’absurde. Des taux d’imposition devenus insupportables et produisant l’effet inverse en matière de rentrées fiscales… suivis d’un “cadeau fiscal” qui n’est en réalité qu’un quasi-retour aux taux précédents ».

Si à Bercy on déclare que « les chiffres de déficit ne veulent rien dire », la présidence avance depuis quelques mois une autre explication pour justifier la dernière position de la France dans la zone Euro. En effet, avec 4,7% de déficit en 2015 la situation économique est loin d’être rassurante. Selon l’expert Xavier Timbeau, de l’Observatoire des conjonctures économiques (OFCE) « la priorité [n’était] plus accordée à l’austérité » dans le but d’améliorer notre compétitivité, d’où la création du CICE et du Pacte de responsabilité. Un choix pas totalement illogique, si ce n’est que pendant la campagne, le candidat François Hollande a toujours minimisé le problème de la compétitivité…

Les recettes technocratiques et le miracle du retournement

Désormais, la gauche au gouvernement admet que le problème de la compétitivité est bien au cœur des enjeux pour la reprise économique. L’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques définit « la compétitivité-coût [comme] l’évolution des coûts salariaux unitaires de la France (évolution du coût du travail corrigée de celle de la productivité) à celle de ses partenaires ». Pour le chef de l’Etat, il faut donc désormais développer les marchés d’exportations en améliorant le coût du travail. Pourtant dans une infographie publiée sur le compte Twitter du gouvernement, ses collaborateurs affirment que la compétitivité française est meilleure que celle de nos voisins allemands. Autant de messages contradictoires, qui vont avoir de plus en plus de mal à convaincre.

Pour l’analyste de Xerfi, Olivier Passet qui surveille le ratio du coût du travail horaire français sur le coût moyen dans les pays de la zone euro : « les cas français comme espagnols rappellent en définitive que les dévaluations internes restent des armes relativement peu efficaces de restauration de la compétitivité ». En somme, les formules de communication comme « le retournement arrive » tout comme les réformettes à la marge, ne sont définitivement plus à la hauteur des enjeux. Avec la hausse récurrente du taux de chômage et un redémarrage de la croissance qui se fait attendre, les résultats ne sont toujours pas au rendez-vous. Une situation parfaitement illustrée par le titre de France 24 : « Moscovici l’Européen rejette les prévisions de Moscovici le Français ».

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