Filière réacteurs : une reprise pleine de vigueur

filiere-nucleaire-framatome-edf-arevaLa fin d’année 2017 a été marquée par une grosse signature en matière de réacteurs nucléaires. Annoncé le 22 décembre et réalisé la veille du nouvel an, l’accord de reprise de l’activité réacteurs d’Areva a ainsi été officialisé par EDF. La filière nucléaire française semble avoir retrouvé une nouvelle dynamique…

Appelez-la de nouveau Framatome ! Et si vous ne la connaissez pas encore, vous allez entendre rapidement parler de cette nouvelle entité qui vient de voir le jour suite à l’officialisation de la reprise de l’activité réacteurs d’Areva (New NP) par EDF. L’ex-branche réacteurs d’Areva est ainsi rebaptisée du nom d’une des deux entités dont la fusion en 2001 avait donné naissance au groupe nucléaire Areva (la Franco-américaine de constructions atomiques (Framatome) avait ainsi fusionné avec la Compagnie générale des matières nucléaires, la Cogema)

Avec le choix de ce nom, Framatome, qui emploie 14 000 personnes dans le monde, mise sur l’expertise et l’expérience et une marque reconnue à l’international.

Cette vente majeure, qui avait été décidée dès juin 2015 suite aux difficultés rencontrées par Areva, permet à l’électricien tricolore de reprendre la main sur une filière nucléaire autrefois décriée et aujourd’hui pleinement ancrée dans la stratégie énergétique française.

EDF, nouveau chef de file ?

 

Concrètement, que va regrouper cette nouvelle entité ? Elle va englober la conception, la fourniture de réacteurs nucléaires et la maintenance des installations. S’il est l’actionnaire majoritaire de Framatome à hauteur de 75,5%, le groupe français a intégré deux autres acteurs dans ce deal : le japonais Mitsubishi (19,5%) et le cabinet français de conseil en ingénierie Assystem (5%). L’entité est valorisée à 2,47 milliards d’euros. De son côté, Areva va se concentrer sur d’autres activités dans le nucléaire, à savoir l’extraction du combustible et le retraitement de l’uranium grâce à sa filiale New Areva.

Pour la France, il s’agit clairement d’une nouvelle étape dans la restructuration de sa filière nucléaire. “L’intégration de New NP [nouvellement Framatome] permet à notre industrie d’être plus performante et efficace dans la réalisation de travaux majeurs comme le grand carénage du parc et plus compétitive pour la construction de nouvelles centrales nucléaires”, a déclaré Jean-Bernard Lévy, le président du groupe lors de la signature de l’accord le 22 décembre.

Pour rappel, l’activité réacteurs englobe six pôles d’activité : les nouveaux projets de construction, le bon fonctionnement des parcs nucléaires existants, la conception et la fabrication des composants, la fabrication de systèmes de mesures nucléaire (de la radioactivité), la certification des technologies et des produits ainsi que l’élaboration de réacteurs de propulsion navale et de recherche. Il existe aujourd’hui deux types de réacteurs nucléaires en activité, à savoir le réacteur à eau sous pression et le réacteur à eau bouillante. Aujourd’hui, les 19 centrales nucléaires françaises regroupent 58 réacteurs en activité.

L’indépendance énergétique française préservée

 

Cet accord ponctue une année 2017 qui a permis au nucléaire de retrouver une place centrale et stratégique. Après avoir étudié la situation énergétique française, le nouveau gouvernement a opté pour le pragmatisme et le “réalisme”, dixit Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire, en renonçant à l’objectif de réduction de 75 % à 50 % de la part du nucléaire dans l’électricité d’ici 2025. Et pour cause : le but du Président Emmanuel Macron est de fermer les dernières unités thermiques, bien plus polluantes que les centrales nucléaires produisant l’énergie la plus décarbonée qui soit.

Outre sa “propreté”, la filière nucléaire reste l’un des piliers du savoir-faire technologique français. La conception et la mise en route prévue fin 2018/début 2019 du réacteur nucléaire EPR (Réacteur pressurisé européen) de génération III+ de Flamanville en Normandie, qui doit prendre le relai de la centrale de Fessenheim (arrêtée définitivement fin 2018 selon le secrétaire d’État auprès du ministère de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu) en est la preuve. Et les recherches en cours sur les centrales de génération IV – qui permettraient de remplacer l’eau par du plomb ou du sodium et qui auraient la faculté de recycler la quasi intégralité des déchets – prouvent que la France sera, dans les 30 prochaines années encore, l’un des principaux acteurs du secteur nucléaire.
La France, à travers Framatome, continue ainsi à être la vitrine d’un parc mondial existant de quelque 440 réacteurs représentant environ 390 GW en service dans 31 pays.

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