En pleine croissance, la Côte d’Ivoire lance un nouvel emprunt obligataire

Côte d'Ivoire croissance économieLa Côte d’Ivoire a lancé ce mois-ci un emprunt obligataire de 179 millions de dollars (152 millions d’euros). Un évènement symptomatique de l’optimisme économique de ce pays champion de la croissance en Afrique de l’Ouest.

179 millions de dollars sur 8 ans

Cet emprunt obligataire de 100 milliards de francs CFA — soit 179 millions de dollars — lancé par l’État ivoirien s’est déroulé pendant 10 jours et s’est achevé le 26 juillet dernier. Les obligations, dont le prix d’émission était fixé à environ 10 000 F CFA (18 dollars), seront rémunérées à un taux de 6 % sur une durée de huit ans (jusqu’en 2026, donc).

Un emprunt obligataire permet à un État de diversifier ses sources de financement, en particulier lorsque les banques ont des difficultés à prêter. L’État français a également recours à ce type de financements, avec par exemple l’émission début 2017 de 7 milliards d’euros d’« obligations vertes ».

Cet emprunt fait suite à la réalisation par la Côte d’Ivoire, en mars dernier, de la plus importante opération financière menée par un État africain depuis le début du siècle avec l’émission de 1,7 milliard d’euros d’eurobonds.

Un emprunt pour financer l’investissement

Cet emprunt obligataire devrait servir à accélérer la réalisation des objectifs du Plan national de Développement démarré en 2016. Initialement doté de 50 milliards de dollars, ce plan vise à réduire de moitié le taux de pauvreté de la Côte d’Ivoire et d’en faire un pays émergent d’ici 2020.
Avant cela, le premier mandat (de 2011 à 2015) du président Alassane Outtara a vu la mise en œuvre d’un vaste programme d’investissement dans les infrastructures et l’adoption de nombreuses mesures destinées à améliorer le climat des affaires et à encourager les investisseurs étrangers à venir s’implanter dans le pays.

Symbole de cette politique volontariste, la cérémonie de lancement de l’ambitieux projet de développement et de réhabilitation du réseau électrique de Côte d’Ivoire (PRODERCI) a eu lieu le 8 juillet, 8 jours avant le début de l’emprunt. Ce projet, d’un coût de 460 milliards de francs CFA (822 millions de dollars), vise à faire face aux défaillances du réseau électrique ivoirien. Financés à hauteur de 95 % par la République populaire de Chine et par l’État ivoirien pour les 5 % restants, les travaux du PRODERCI seront réalisés par la société chinoise Sinomach et devraient s’achever fin juillet 2020.

La Côte d’Ivoire , une croissance solide

Les mesures prises après l’élection d’Alassane Ouattara — par ailleurs ancien directeur adjoint du FMI — portent leurs fruits : depuis 2012, la Côte d’Ivoire connaît une croissance économique remarquable qui la classe dans le top 5 mondial des pays à plus forte croissance. Avec 7,8 % de croissance l’an dernier, le pays de 24 millions d’habitants est même en pôle position d’une région — l’Afrique de l’Ouest — où la croissance n’a pas dépassé 2,5 %.

Ces performances sont soutenues par une importante demande intérieure et, outre un secteur agricole en particulièrement performant l’an dernier, par un secteur tertiaire dynamique porté par le commerce, les transports et les communications.
Une vitalité qui se solde par une balance commerciale excédentaire et qui ne se répercute pas sur un taux d’inflation stable avoisinant 1 % depuis de nombreuses années.

Ce contexte économique très favorable a par ailleurs permis d’attirer de nombreuses grandes entreprises étrangères, telles que les Américaines Archer Daniels Midland et McCann-Erickson, les suisses Novartis et Nestlé, ainsi que les Françaises EDF, Société Générale, Michelin, Total ou encore Engie.

La Côte d’Ivoire a donc su devenir en moins d’une décennie une solide locomotive économique, qui devrait rester sur ses rails pour les années à venir si elle garde le cap de sa politique économique aussi ambitieuse qu’efficace.

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