Entreprises, c’est désormais à vous de séduire les candidats

SFAM Accenture Nestenn

Dans un contexte de reprise économique, la pénurie de talents guette nos entreprises. Celles-ci doivent désormais se battre pour attirer et fidéliser des collaborateurs de plus en plus nomades et exigeants. Des sociétés comme Accenture, Nestenn, SFAM, Meilleursgents.com ou encore Theodo l’ont bien compris. En témoigne le dernier classement « Happy At Work ».

 

Le temps où les personnes en recherche d’emploi acceptaient le premier poste qu’on leur proposait est bel et bien révolu. Et c’est une excellente nouvelle pour les candidats et l’économie en général, mais qui risque toutefois de rendre la tâche des recruteurs un peu plus ardue.

Désormais, les candidats choisissent l’offre qui leur correspond le mieux. Et ce n’est pas seulement en fonction du salaire qu’ils font leur choix. Le « bien-être au travail » est ainsi devenu un critère tout aussi important. La tendance est donc à la séduction, côté entreprise cette fois. En particulier lorsqu’il s’agit d’attirer des talents rares ou des collaborateurs tout simplement efficaces et sympathiques, ceux dont rêvent tous les recruteurs.

Mais alors, comment les séduire ? Les entreprises qui occupent les premières places du classement HappyAtWork ont chacune leurs petits secrets. « Grande qualité de vie au travail et rémunération sont deux moyens puissamment mis en œuvre pour répondre aux attentes du groupe », révèle Fabienne Panse, responsable RH de SFAM, qui occupe la première place du classement pour ce qui est des entreprises de 400 à 999 salariés. « Du côté de la qualité de vie au travail, rien n’a été laissé au hasard et nos très beaux locaux modernes et fonctionnels abritent une salle de sport et deux restaurants d’entreprise », ajoute la responsable.

SFAM, Accenture, Meilleursgents.com et Nestenn à l’honneur

 

Pour SFAM, qui devrait recruter mille nouveaux collaborateurs en CDI cette année, le savoir-vivre est aussi important que le savoir-faire. Si la société attend de ses téléconseillers « qu’ils soient à l’écoute », elle veille également à ce que les managers aient « de l’empathie et une grande capacité à fédérer, motiver et fidéliser une équipe. Pour tous, le sens du travail en équipe, le respect de l’autre et le goût du service client sont essentiels », résume Christine Lemaire, directrice des ressources humaines de SFAM Group.

Accenture, pour les entreprises de plus de 5 000 salariés, Nestenn, pour celles de 1000 à 4 999 salariés et Meilleursgents.com, pour les entreprises de 200 salariés à 499 salariés, ont également été distinguées par le classement HappyAtWork, réalisé par Les Échos Start et ChooseMyCompany auprès de 34 700 salariés dans 7 335 entreprises. « À travers 18 questions, nous évaluons l’entreprise dans 6 domaines qui sont la progression professionnelle, l’environnement, le management & motivation, le salaire et la reconnaissance, la fierté, et le plaisir », explique Celica Thellier, cofondatrice de ChooseMyCompany.

Selon l’étude, 65 % des Français se disent heureux au travail, ce qui laisse une certaine marge de progression aux nouveaux « happiness managers » dont le quotidien consiste à améliorer celui des autres salariés et de facto la performance de l’entreprise.

Les effets du bien-être au travail sont en effet « immédiatement mesurables sur la performance économique. Avec fréquemment une amélioration rapide du suivi des ventes et de meilleurs retours au niveau de la satisfaction client », affirme Mireille Barthod-Prothade, enseignant-chercheur en gestion des ressources humaines à l’ESC Chambéry.

Rôle essentiel du manager

 

Bien sûr, il n’y a pas de recette miracle du bonheur. A chaque entreprise de développer ses propres stratégies pour améliorer le quotidien de ses équipes. Pour certains, l’ambiance est « le » facteur clé de succès : « notre moyenne d’âge se situe à 26 ans. Nos collaborateurs sont aussi des amis avec qui on a plaisir à boire un verre le vendredi sur le toit de la péniche sur laquelle on est installés depuis deux ans », affirme ainsi Thomas Bonnin, directeur marketing de Click & Boat, start-up parisienne fondée il y a quatre ans et arrivée 2e du classement HappyIndex/AtWork pour les start-up de plus de 25 salariés.

Néanmoins, d’après Celica Thellier, il existe encore et toujours un « point d’ombre » : l’évaluation et l’évolution des salariés. « Ces processus restent peu lisibles, alors qu’ils sont reliés directement à la place de chaque individu dans l’entreprise. Qu’attend-on de moi ? Que pense-t-on de mon travail ? Quelles perspectives puis-je me donner ? Faute de ces informations sur lui-même, le risque, c’est que le salarié s’immobilise, et se fatigue à chercher des sources de motivation », déplore la chercheuse.

Une réalité à laquelle les entreprises sont de plus en plus « attentives » : « lors du recrutement, on explique à nos candidats leur parcours sur les quatre prochaines années. Les critères de performance attendus, les tâches à accomplir et le poste qu’ils occuperont à l’issue de la période. Cela apporte de la visibilité et de la sérénité », affirme Julien Laure, CEO de Theodo, qui occupe la première place du classement AgileIndex pour les entreprises de 50 à 499 salariés. Les ingrédients du bonheur au travail sont là, reste aux entreprises qui ne sont pas encore dans le classement à trouver la recette.

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