Romans-sur-Isère, ou la relance économique par le « made in France »

SFAM-Archer-RomansLa ville de la Drôme, qui a souffert du déclin de l’industrie de la chaussure de mode il y a 30 ans, voit aujourd’hui son économie dynamisée par des groupes comme SFAM, Lord Corporation ou encore Archer, qui prouvent que créer de l’emploi en France est tout à fait possible.

 

 

SFAM, créateur d’emplois en puissance

 

Pour l’instant, c’est un carré plus ou moins régulier d’herbe et de rocailles, entouré d’un goudron sombre sur lequel quelques voitures viennent se garer. Mais ce terrain de 3 hectares, en bordure de Romans-sur-Isère (Drôme), qui appartient à l’établissement public foncier EPORA ainsi qu’à la ville, n’a pas vocation à rester vague très longtemps.

Les 30 000 Romanais devraient bientôt avoir à leur disposition un « campus », selon le terme de la maire (Les Républicains) Marie-Hélène Thoraval, comprenant des surfaces de travail, un auditorium, plus de 8 000 mètres carrés de commerce et des parkings. Un vaste projet qui devrait ressusciter cet espace urbain, laissé en jachère. Et soutenir l’économie de la ville.

Aux manettes : ni plus ni moins que SFAM (Société française d’assurances multirisques), la société maison — son siège se situe à Romans-sur-Isère —, qui a eu le feu vert du conseil municipal en novembre dernier. Son patron, Sadri Fegaier, promet d’ores et déjà la création de centaines d’emplois, qui viendront ainsi s’ajouter aux nombreux postes créés en 2018 pour les besoins de sa propre société.

Une aubaine pour la ville, mais aussi pour la région Auvergne–Rhône-Alpes, qui reste tout de même la première zone industrielle de France, avec 500 000 emplois (soit 15 % du total dans l’Hexagone). Mais qui, pour rappel, a dû faire face au déclin important de l’industrie de la chaussure de luxe, son poumon économique, dans les années 1990.

Archer relance l’industrie de la chaussure de luxe

 

Que Christophe Chevalier, à la tête du groupe Archer, s’est mis en tête de sauver. Ainsi que les centaines d’emplois de facto disparus. Une initiative couronnée de succès et saluée par Michel Berry, Fondateur de l’école de Paris du Management, Mines ParisTech : « Romans-sur-Isère était condamnée après la fermeture de la dernière usine de chaussures, mais Christophe Chevalier réussit l’impensable : sauver cette industrie, et relancer tout le territoire »

À l’époque, le constat était sans appel. «Depuis 30 ans, on assure qu’on va régler les problèmes par la croissance, mais le PIB a progressé de 70 % et cela n’a pas empêché le chômage de masse et la pauvreté. Au lieu d’attendre les bras croisés, il vaut mieux créer un emploi, puis deux, puis trois. Si chaque PME passait de 5 à 6 emplois, la donne serait profondément changée », estime ainsi Christophe Chevalier. Qui prouve que «créer de l’activité localement et maintenir des emplois en France est toujours possible, un véritable exemple du Made in France économique et social »précisait en 2015 Nicolas Hazard, président du Comptoir de l’innovation, un incubateur de start-up à fort impact social.

L’activité entraînant l’activité, d’autres groupes — étrangers parfois — ont également choisi la région pour s’implanter. C’est le cas de l’américain Lord Corporation, spécialisé dans les adhésifs, les revêtements et les technologies de détection, qui inaugurait le 4 octobre dernier une nouvelle usine à Pont-de-l’Isère, située à une dizaine de kilomètres de Romans-sur-Isère.

Un investissement de 13,5 millions d’euros pour un site moderne de 7 700 mètres carrés. Et, surtout, 200 salariés, répartis entre des laboratoires de développement et d’essai, ainsi que des ateliers d’usinage et de montage. De quoi redonner un petit coup de fouet à l’emploi.

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