L’ambitieuse stratégie touristique du Val-d’Oise

val d'oise europacityAvec 2,5 millions de visiteurs, 6,5 millions de nuitées et 820 millions d’euros de retombées économiques en 2017, le tourisme est un secteur majeur de l’économie valdoisienne. Celui-ci devrait d’ailleurs s’accroître au cours des prochaines décennies.

C’est en tout cas le pari du Département, qui, fin 2017, a lancé une nouvelle stratégie touristique en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés (EPCI, offices de tourisme, hébergeurs, start-up…). L’idée est simple : attirer un nombre croissant de visiteurs et les faire rester plus longtemps sur le territoire. Pour ce faire, la stratégie élaborée par le Département doit répondre à « trois enjeux majeurs ». Premièrement, celle-ci vise « l’excellence dans la qualité des offres pour que la destination Val-d’Oise se démarque dans un contexte très concurrentiel », elle se propose ensuite de « mieux faire connaître les atouts du Val-d’Oise » et enfin « d’optimiser les retombées économiques du tourisme en proposant des offres et services adaptés autour des points d’attractivité principaux ».

Quatre « archipels d’attractivité touristique » ont ainsi été créés. D’abord « le Vexin », lieu de promenades et de détente connu pour ses paysages et son patrimoine. La « Vallée de l’Oise », qui offre quant à elle des activités culturelles et patrimoniales, de nature et d’itinérance fluviale. L’archipel « Roissy/ Carnelle Pays de France », qui regroupe principalement les offres de tourisme d’affaires et de loisirs. Enfin, l’archipel « Enghien/ Forêt de Montmorency/ Rives de Seine », qui propose également des offres bien-être nature, culture et patrimoine.

« Chaque archipel définira ses priorités pour que l’offre touristique colle au mieux au territoire. Le Département l’accompagne notamment par la réorientation territoriale de l’appel à projets touristiques innovants et une bonification “tourisme” dans le dispositif d’aides aux communes », précisait le Conseil départemental, fin 2017.

Du château de La Roche-Guyon à EuropaCity

 

Un an après le lancement de cette nouvelle stratégie, les résultats sont déjà visibles. En 2018, les hôtels valdoisiens ont en effet enregistré une hausse de fréquentation pour la deuxième année consécutive, à 4,162 millions de nuitées, soit une progression de 4,14 % par rapport à 2017. L’embellie concerne tout particulièrement les hôtels de l’aéroport de Roissy et ses environs. Leur taux d’occupation s’étant élevé à 81,6 %, soit 4 points de plus qu’en 2017. Il est même de 85,3 % pour les établissements 1 et 2 étoiles.

Certes, des efforts restent à faire afin de renforcer la fréquentation des principaux sites payants du département, notamment le château de La Roche-Guyon, l’abbaye de Royaumont, le musée de la Renaissance d’Ecouen et le château d’Auvers-sur-Oise. Mais c’est justement sur ce point que le Val-d’Oise a su conserver un atout important : outre la valorisation des sites patrimoniaux, le département encourage l’innovation et mise sur les projets alliant développement économique et protection de l’environnement. L’écoquartier EuropaCity en est le meilleur exemple.

Selon l’Agence de développement touristique de la France (Atout France), le « positionnement spécifique » d’EuropaCity répond « à trois enjeux majeurs pour le tourisme français : le renforcement de l’attractivité auprès des jeunes clientèles, l’élargissement des offres en matière nocturne [et] la structuration de produits adaptés au marché croissant des courts-séjours internationaux ».

Diversifier l’offre touristique française

 

Abritant commerces, chambres d’hôtel, salles de spectacles et d’expositions, parc d’attractions, ferme urbaine et de nombreux espaces verts, EuropaCity devrait attirer 31 millions de visiteurs par an. Le projet, qui s’étendra sur 80 hectares entre les aéroports du Bourget et de Roissy, devrait permettre de créer 11 800 emplois directs et non délocalisables. De quoi faire rêver un département qui s’est fixé l’objectif de diversifier son offre touristique pour conserver le rayonnement mondial assuré jusqu’ici par Van Gogh et les impressionnistes.

Mais le projet fait également rêver le pays tout entier, dont le rayonnement international en matière touristique est de plus en plus menacé. Certes, l’Hexagone reste la principale destination touristique au monde, mais de très nombreux « visiteurs » ne font en réalité que traverser le pays avant de rejoindre l’Italie ou l’Espagne.

La France n’est par ailleurs que cinquième en matière de recettes touristiques, à 42,5 milliards de dollars en 2016 (contre 205 milliards de dollars pour les États-Unis, en tête de liste). L’amélioration de l’accès et de l’accueil dans les deux aéroports franciliens ou encore la multiplication des ouvertures de magasins le dimanche font partie des principales pistes explorées afin de renforcer l’attractivité du pays. Mais si l’Hexagone souhaite atteindre l’objectif des 100 millions de touristes d’ici 2020, il devra nécessairement diversifier son offre touristique.

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