Etude SFAM : les Français ultra-connectés pendant les vacances

L’été n’aura pas été synonyme de digital detox pour les Français. Même en période de congés, ils ont le plus grand mal à laisser leur téléphone portable de côté. Selon une récente étude de la SFAM, une majorité d’entre eux utiliserait même davantage leur smartphone en vacances qu’en temps normal. Et pour protéger leur téléphone en cas d’accident ou de perte, de plus en plus d’usagers souscrivent à une assurance.

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Après le « hygge » danois (sorte de « cocooning ») et le « lagom » suédois (art de la modération), une nouvelle tendance débarque en provenance des Pays-Bas : le « niksen », ou l’art de ne rien faire. Si ce « farniente » revisité fait les beaux jours des magazines féminins, il ne risque pas de faire beaucoup d’adeptes en France… Selon une enquête menée par l’assureur SFAM , six Français sur dix déclarent en effet utiliser davantage leur smartphone pendant les congés, à raison de deux heures supplémentaires par jour en moyenne. Pas moins de 30 % des répondants confient ainsi faire un usage plus intensif de leur téléphone pour prendre des photos. Les portables seraient aussi davantage utilisés pour publier sur les réseaux sociaux, se servir du GPS ou de diverses applications (ex. : covoiturage, traduction, gestion du budget, etc.). Cette réticence à décrocher du téléphone ou à déconnecter des écrans s’expliquerait en partie par la culpabilité de ne rien faire, selon le sociologue Jean-Didier Urbain.

« En partant en vacances, nous ne participons plus à la logique de production, explique-t-il. Donc pour quelques individus, il faut que les vacances deviennent productives. Ils sont hyper-productifs en vacances pour se déculpabiliser. » La faute à une vision largement répandue qui valorise le travail et dénigre l’oisiveté, assimilée à de la paresse, d’après la psychanalyste Sarah Chiche… « Dans nos sociétés, on débranche les gens en fin de vie, compare-t-elle. Il y a des gens qui, […] s’ils ne sont pas dans l’action, vont tomber dans des angoisses. Ils sont toujours besoin d’être en mouvement. […] Le smartphone participe à la mise en scène de la performance, et sur les réseaux sociaux, “vacances” rime avec mise en scène du lâcher-prise. Chacun se prend en photo sur la plage, avec ses enfants, au bord d’une piscine, en boîte de nuit… Cela indique : “regardez comme je sais me déconnecter, comme je fais du yoga, comme je sais méditer.” Or, il faudrait savoir débrancher, se tenir loin du smartphone pour pouvoir vraiment se déconnecter. »

Prix élevés, dépendance importante : la solution d’assurer son smartphone

Cette dépendance au smartphone porte un nom : la nomophobie, ou la peur d’être séparé de son téléphone intelligent. Plus de deux-tiers des Français affirment ainsi éprouver une grande anxiété en cas de vol (71 %) ou de perte (63 %) de leur portable, qu’ils assimilent à une perte de mémoire, voire à un choc émotionnel. En cause, la crainte d’être privé à jamais de son répertoire, de ses photos ou encore de ses messages. Pendant les congés, l’utilisation plus intensive des smartphones s’accompagne d’un risque d’accident plus élevé (écran cassé, chute dans l’eau, vol, etc.). D’après l’étude de la SFAM, 44 % des Français auraient déjà cassé l’écran de leur téléphone en vacances ; 22 % l’auraient déjà laissé tomber dans l’eau, au risque de voir l’appareil s’oxyder ; et 6 % auraient été victimes d’un larcin. Ces appréhensions sont d’autant plus grandes que le prix des téléphones est en hausse régulière. Les modèles les plus sophistiqués dépassent désormais les 1 000 euros, à l’image du dernier i-Phone XS, qui coûte même plus de 1 650 euros dans sa version la plus onéreuse. D’après une enquête réalisée par l’institut Ipsos pour SFAM (spécialiste de l’assurance des smartphones, du multimédia et objets connectés), près d’un Français sur cinq aurait ainsi dépensé plus de 500 euros pour l’acquisition de son dernier portable…

Pour se protéger contre les nombreux risques d’accident ou de vol, la même proportion (19 %) chercherait une solution dédiée auprès d’un assureur, selon l’étude de la SFAM. Et parmi ceux ayant subi une chute ou un vol, près de la moitié (44 %) aurait déjà fait le nécessaire pour être assurée lors des faits… L’assurance de smartphones de plus en plus coûteux et indispensables devient donc un investissement nécessaire pour un nombre croissant de Français. Le taux de propriétaires assurés varie toutefois du simple au septuple en fonction des régions. En Nouvelle Aquitaine et en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, entre 19 et 20 % des habitants déclarent avoir souscrit un contrat pour leur portable, contre seulement 3 % en Bourgogne-Franche-Comté et 6 % en Pays-de-la-Loire. Le passage à l’acte dépend notamment de la durée d’utilisation quotidienne, qui s’accroît avec le temps passé dans les transports en commun. En Pays-de-la-Loire comme en Normandie, les habitants font partie de ceux qui passent le moins de temps devant leur écran, alors qu’un résident d’Île-de-France et de Rhône-Alpes sur dix déclare dépasser les six heures quotidiennes. On s’y attache forcément plus quand on passe autant de temps avec…

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