Nouvelle levée de fonds pour Yubo, le réseau social pour ados

Le réseau social destiné aux jeunes entend devenir la première plateforme sociale créée en France et basée sur des valeurs européennes.

C’est du jamais vu pour un réseau social français. Yubo, la plateforme de social discovery destinée aux jeunes de 13 à 25 ans, a annoncé une levée de fonds de 11,2 M€ menée par Iris Capital et Idinvest Partners, aux côtés d’Alven, investisseur historique, Sweet Capital et Village Global.

La startup française a souhaité se démarquer des réseaux sociaux traditionnels en privilégiant la sociabilité, le partage et l’authenticité plutôt que la recherche des likes et de l’influence. Pour cela, elle propose à ses utilisateurs de créer des espaces de discussions grâce à des live vidéo réunissant streamers et spectateurs interagissant en direct via un chat.

« Yubo répond à un besoin fondamental de la Génération Z : sociabiliser dans le monde digital de la même manière qu’elle noue des amitiés dans la vie réelle », a expliqué dans un communiqué Sacha Lazimi, CEO & co-fondatur de Yubo.

Et cela marche. Lancé en 2015, le réseau social compte désormais 25 millions d’utilisateurs inscrits, principalement aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Australie. Depuis son lancement, ses utilisateurs ont noué plus de 2 milliards d’amitiés sur la plateforme, ont échangé 10 milliards de messages écrits et réalisé près de 30 millions de live streams vidéo.

Yubo, première plateforme sociale globale créée en France

C’est tout logiquement que cette croissance s’est traduite en réussite économique. Yubo devrait générer un chiffre d’affaires d’environ 10 millions de dollars en 2019. Forte de ce succès, la plateforme espère consolider sa présence dans les pays anglophones (qui représentent déjà 80 % de ses utilisateurs) et « partir à la conquête de nouveaux territoires », notamment le Japon et le Brésil. Son objectif : devenir « la première plateforme sociale globale créée en France et basée sur des valeurs européennes ».

Pour Yubo en effet, la sécurité et l’épanouissement des jeunes sont prioritaires. La plateforme privilégie les relations personnelles réelles, d’individu à individu, à l’oral et visuellement non déformées. Afin de diminuer l’« influence normative » véhiculée par les réseaux sociaux, elle a banni le « like » et propose de remettre la rencontre à l’honneur, comme l’explique la psychologue clinicienne Emma Levillair.

Pour l’auteure de Décomplexe-moi. Les blessures cachées de nos enfants, les réseaux sociaux peuvent fonctionner comme des amplificateurs de complexes. « Les réseaux sociaux participent à la construction d’une identité “conforme”, à l’adaptation de l’humain à la norme sociale. On appelle cela le masque social », explique la spécialiste en soulignant le risque de voir ce masque remplacer l’identité réelle des individus.

Les jeunes sont particulièrement exposés à ce danger. Emma Levillair s’appuie notamment sur une étude réalisée par l’université de Copenhague selon laquelle 41 % des utilisateurs de réseaux sociaux sont « anxieux, tristes et/ou déprimés ». L’université de Montréal dénonce quant à elle la « dictature du like », qui entraîne une augmentation du stress, pouvant conduire à la création ou au renforcement de certains complexes.

Réseau social de libération

Pour la psychologue, en encourageant les rencontres et les échanges authentiques et en élargissant l’horizon des usagers, comme le fait Yubo, les réseaux sociaux peuvent contourner le risque d’attiser les complexes et « se muer en médias de libération ».

La sécurité des jeunes est également prioritaire pour la startup française. Yubo, qui utilise l’intelligence artificielle pour vérifier l’âge de ses utilisateurs, a annoncé de nouveaux outils de personnalisation des critères de modération. Les participants pourront notamment choisir les mots-clés qu’ils ne souhaitent pas voir au cours de leurs interactions avec leur communauté.

« Attirer, réunir et fédérer la Génération Z sur une application ou un site est un challenge pour tout l’écosystème digital », explique Gil Doukhan, en charge des investissements chez Iris Capital. Si les investisseurs ayant participé à la récente levée de fonds sont sensibles à la réussite mondiale de la plateforme, ils se déclarent également attentifs aux questions liées à la sécurité des jeunes. « Yubo offre un espace de grande liberté d’expression, tout en veillant à la sécurité de ses utilisateurs. Notre participation à ce nouveau tour de table atteste de notre confiance dans le développement de cette succes story française », affirme Nicolas Debock, Managing Director chez Idinvest Partners. Une succes story qui ne fait visiblement que commencer.

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