Quelles entreprises verseront la « Prime Macron » ?

La SFAM, tout comme Total par exemple, fait partie des entreprises qui ont décidé de verser la « prime Macron », un an après sa mise en place, pour répondre à la crise des « gilets jaunes ».

La SFAM, Air Liquide, Total, la Société Générale, HSBC… Cette année encore, de nombreuses entreprises devraient verser la « prime Macron » à leurs salariés, tout comme en 2019, où elle fut mise en place pour répondre à la crise des « gilets jaunes ». En quoi consiste-t-elle ? Il s’agit d’une prime de solidarité versée par les employeurs – sur la base du volontariat – et exonérée de charges fiscales et sociales jusqu’à 1 000 euros.

L’an dernier, quelque 74 % des entreprises avaient joué le jeu, selon un sondage réalisé par Europe 1. La radio a reconduit son enquête cette année et a interrogé les 160 mêmes sociétés. Verdict : si les grandes entreprises ont décidé de renouveler l’octroi de la « prime Macron » à leurs salariés – Total versant par exemple jusqu’à 800 euros, la SFAM 720 euros –, d’autres n’auront pas la même veine. Des organisations comme Capgemini, Free, Auchan, Coca-Cola ou Engie ont ainsi choisi de ne pas prévoir de bonus cette année – elles ont toutefois jusqu’au 30 juin prochain pour se décider.

Une participation en berne

Preuve que la crise sociale a tendance ces derniers mois à se calmer – dans les rues du moins –, le cabinet d’assurance Mercer a confirmé, dans son enquête mensuelle de décembre 2019, que les grandes entreprises seraient moins nombreuses à verser la « prime Macron » à leurs salariés. Seuls 27 % des participants devraient agir dans ce sens en 2020, contre 73 % en mars 2019, et 54 % des sondés indiquent qu’ils ne verseront aucun bonus, tandis que 19 % ne se prononcent pas. « On se dirige a priori vers une moindre participation », a confirmé au Monde Bruno Rocquemont, directeur gestion des talents chez Mercer.

Dans certains groupes, on reconnaît que l’effet médiatique avait beaucoup joué, l’an dernier, dans l’octroi de la prime. Autrement dit, il est plus aisé d’obtenir un bonus de son employeur lorsque la France bat le pavé pour obtenir des droits. Mais aujourd’hui, les salariés qui ont touché quelques centaines d’euros tentent de renégocier leur contrat pour obtenir des rémunérations plus avantageuses. Il est dès lors difficile de mener les deux batailles de concert, prime et revalorisation salariale, cette dernière ayant plutôt les faveurs des salariés.

Si la « prime Macron » séduit moins les employeurs, également, c’est que les conditions d’obtention du bonus ont évolué. Celui-ci est toujours exonéré d’impôts et de prélèvements sociaux et réservé aux salariés dont la rémunération est inférieure à trois fois le SMIC, mais il faut qu’il y ait un accord d’intéressement au sein de l’entreprise – existant ou mis en place par l’employeur. Certains représentants du personnel de se plaindre, tout de même, que les employeurs se servent de cette modification pour ne pas verser la « prime Macron ». Surtout dans les PME, où les accords d’intéressement sont moins répandus.

 

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