Fusions avortées, faillites…les tristes conséquences du confinement

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Si l’heure est à la fête alors que les Français retrouvent peu à peu le chemin des terrasses de cafés, côté économie, les conséquences de l’épidémie de Covid-19 qui frappe le monde se font toujours sentir. Et ce n’est pas fini.

Risque de faillite

 

La polémique autour du remboursement des pertes d’exploitation des entrepreneurs français par leurs assureurs parle d’elle-même : bon nombre d’entreprises, si elles n’ont pas été contraintes et forcées de mettre la clé sous la porte, ont connu des heures sombres. Petites comme grandes. André, Orchestra-Prémaman, 5àsec, Pacific Pêche, Tie Rack, Alinéa et Naf Naf font ainsi partie des sociétés ayant été placées en redressement judiciaire depuis le début du confinement, listait LSA le 17 mai dernier. Une liste qu’a depuis rejointe le très connu loueur automobile Hertz.

Qui ne devrait pas être le dernier. Et ce même si ce type de procédures reste, pour le moment, « minoritaire » selon les mandataires et administrateurs judiciaires. « Pendant le confinement, les entreprises étaient en mode “pause”, elles se sont concentrées sur le règlement de leurs difficultés et les mesures gouvernementales (chômage partiel, report de loyers, PGE…). En voyant le peu d’appels sur le sujet aujourd’hui, je crains que les entreprises ne se tournent pas assez tôt vers ces dispositifs destinés à éviter les faillites », s’inquiète Christophe Basse, président du Conseil National des administrateurs et mandataires judiciaires.

Faisant face à des difficultés sans précédent et par peur de la faillite, certains professionnels ont même décidé de jouer le tout pour le tout en attaquant en justice leur assureur pour refus d’indemnisation de leurs pertes d’exploitation liées l’épidémie. C’est notamment le cas du restaurateur Stéphane Manigold, à la tête du groupe Eclore, dont la victoire judiciaire contre Axa, qui a depuis fait appel, a donné des idées à certains. Le très connu juré de Top Chef, Michel Serrant, a lui aussi pris pour cible l’assureur, pour les mêmes raisons.

Annulations en cascade

 

Si d’autres sociétés s’en sont en revanche mieux sorties en évitant la faillite, beaucoup d’entre elles ont dû remiser leurs projets économiques et financiers au placard, quand elles ne les ont pas purement et simplement abandonnés. En France, la direction de la banque bretonne Arkéa aurait ainsi tiré un trait sur son projet visant à devenir indépendante du Crédit Mutuel, projet dont les risques ont éclaté au grand jour avec la crise du Covid-19 — sans le Crédit Mutuel, Arkéa n’aurait sans doute pas survécu à la tempête.

L’OPA hostile lancée par Xerox sur son concurrent HP, suivie avec beaucoup d’attention par le secteur, a quant à elle été formellement annulée le 31 mars. La crise provoquée par l’épidémie couplée à la chute des valorisations boursières du secteur automobile ont par ailleurs fait naître des doutes quant à la fusion entre PSA Peugeot Citroën et Fiat Chrysler, mais les acteurs gardent bon espoir même s’ils ont été contraints d’annuler le versement de leurs dividendes début mai.

Le secteur de la culture dans l’incertitude

 

Secteur durement frappé par la crise actuelle, la Culture, qui pèse « sept fois plus que l’industrie automobile pour le produit intérieur brut (PIB) de la France », ne sait véritablement quand l’activité pourra reprendre. Car si la réouverture des cinémas est prévue pour fin juin dans l’Hexagone, les annulations de séries, films et festivals en cascade s’avèrent être catastrophiques pour le secteur.

À tel point que le gouvernement entend mettre sur pied « rapidement » un « plan pour la culture ». Au programme : aides aux intermittents, partenariat avec les établissements, commandes publiques, soutiens financiers, etc.  Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes.

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