Emploi : les jeunes en première ligne de la crise

Le taux de chômage des 18-25 ans a bondi de près de 30 % en avril, de quoi présager une année noire pour l’emploi des jeunes. Certaines grandes entreprises musclent leur recrutement afin de participer à l’effort national. Clé de voûte du futur plan de relance économique d’Emmanuel Macron, les entreprises devraient bénéficier d’aides pour inciter à l’embauche des jeunes salariés.

Si le taux de chômage des jeunes, en France, a toujours été deux ou trois fois supérieur à celui des autres catégories, avoir moins de 25 ans et être sur le marché du travail, aujourd’hui, n’a rien d’une sinécure. Bien au contraire. En avril dernier, en plein confinement, les derniers chiffres annonçaient une augmentation de 29,4 % du chômage chez les 18-25 ans alors que, d’après l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), les offres d’emploi pour les jeunes diplômés s’effondraient de 65 % entre janvier et avril. 

Cette tendance de fond est consécutive, selon Mathieu Plane, économiste à l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) à la crise économique liée au coronavirus qui touche de plein fouet les entreprises : « Les entreprises vont être confrontées à des situations financières délicates, avec des dettes à rembourser, sans avoir de visibilité. Elles ont deux variables d’ajustement : l’investissement et l’emploi. Ce n’est que lorsqu’elles anticiperont des besoins futurs qu’elles se tourneront vers les jeunes. » De quoi effrayer les quelques 700.000 arrivants sur le marché du travail, en septembre.

Une politique de recrutement volontariste

Dans ce contexte particulier, certaines entreprises ont délibérément choisi d’être à rebours de la conjoncture actuelle en maintenant leur politique de recrutement, voire en la développant davantage. Le groupe EDF poursuit, par exemple, sa campagne de recrutement en direction des jeunes sans expérience professionnelle et apporte ainsi sa contribution à la relance économique du pays. Parmi les 15.000 nouvelles embauches prévues jusqu’à la fin de l’année, l’électricien historique prévoit de recruter en France 8.000 salariés en CDI ou CDD et près de 3 850 nouveaux contrats d’alternance. « Au cœur de notre stratégie industrielle, l’insertion professionnelle des jeunes et le développement de l’alternance sont des engagements forts du Groupe EDF en faveur d’une économie plus inclusive »,  indique Christophe Carval, Directeur Exécutif en charge de la Direction des Ressources Humaines Groupe. « L’an dernier, un tiers des alternants chez EDF ont rejoint le Groupe après leur apprentissage. »

L’alternance est aussi l’une des pièces maîtresse de la politique de ressources humaines de Celside Insurance. Pour preuve, le spécialiste de l’assurance des objets connectés lance sa quatrième édition de la Celside Insurance Académie avec l’objectif d’accueillir, à la rentrée, 75 nouveaux jeunes alternants de la Loire et de la Drôme dans les métiers du télé-conseil et du marketing. « Depuis plusieurs années, notre groupe enregistre une croissance exponentielle et s’est implanté sur de nouveaux marchés européens tels que l’Espagne, le Portugal, la Suisse et la Belgique », explique Sadri Fegaier, le Pdg de la société. Pour soutenir cette croissance, nous avons lancé en 2020 un plan de recrutement d’envergure dans lequel s’inscrit ce programme en alternance. »

En Ille-et-Vilaine, le Crédit agricole a décidé lui aussi de faire confiance aux jeunes, et a même choisi de doubler le nombre d’alternants dans les métiers de la banque, de l’assurance et de l’immobilier, comme le rapporte Ouest-France. Ainsi ce sont pas moins de 160 alternants qui vont être recrutés d’ici à février 2021, qui s’ajoutent aux 120 postes de conseillers prévus en 2020.

La jeunesse au cœur de la relance économique

Lors de l’entretien télévisé du 14 juillet, le Président de la République, Emmanuel Macron, a rappelé qu’aucune personne de moins de 25 ans ne devait se trouver sans solution à la rentrée. Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, avait, par ailleurs, précédé le chef de l’État quelques jours auparavant, affirmant que « l’emploi a été la priorité du début du quinquennat et est désormais la priorité absolue de la fin du quinquennat, en particulier face à la crise. Les jeunes sont la priorité des priorités ». 

Il y a quelques jours, le plan de soutien tant attendu du Gouvernement a été dévoilé, à l’occasion d’un déplacement à Besançon. Des moyens substantiels ont été alloués en conséquence, à hauteur de 6,5 milliards d’euros. Parmi les mesures phares dévoilées figure notamment une aide au recrutement des jeunes de moins de 25 ans pouvant aller jusqu’à 4 000 euros par an pour l’entreprise. Pour les jeunes éloignés de l’emploi, 300 000 parcours d’insertion seront créés. En ce qui concerne la formation, 1,5 milliard d’euros supplémentaire sera aussi affecté au plan d’investissement dans les compétences, afin d’orienter les publics bénéficiaires vers des métiers d’avenir.  Pour l’exécutif, l’enjeu n’est autre que celui d’éviter à un maximum de jeunes de passer par la case chômage dès la rentrée.

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