Fragilisés par le confinement, les commerces de proximité se réinventent

Alors que 40 millions de Français ont effectué un achat en ligne, durant le premier trimestre de cette année, une présence digitale semble indispensable pour les petits commerces. 

Si certains commerçants devaient trouver un point positif, au milieu du marasme économique qu’ils affrontent depuis le premier confinement, au printemps dernier, ce serait sans nul doute la transformation digitale qu’ils ont été obligés d’effectuer pour subsister. 

Nombre d’entre eux, qui n’avaient parfois même pas de page Facebook ni de compte Instagram, se sont « convertis » aux réseaux sociaux, afin d’écouler leurs rayons grâce au « click and collect » notamment. Et tenter de garder la tête hors de l’eau. Tandis que la réouverture prochaine des commerces, en prévision des fêtes de fin d’année, a été largement saluée, il y a de fortes chances pour que cette digitalisation à marche forcée ait été en fin de compte bénéfique.

Le digital, levier de business incontestable

Certains établissements, comme les librairies, ont largement pâti de la crise sanitaire et des mesures de confinement, les consommateurs privilégiant souvent les grandes plateformes de e-commerce (Amazon en premier lieu) pour effectuer leurs achats. N’est-ce pas là le signe que le numérique est, aujourd’hui, si ce n’est indispensable, du moins un accélérateur important pour son business ? Malgré la réouverture des commerces, combien de commerces ne seront pas visités, durant la fin de ce deuxième confinement, parce qu’ils n’ont aucune communication digitale, ou pas suffisamment développée ? Manque de chance, ces derniers sont bien souvent des « remparts » aux géants (américains, chinois…) du commerce en ligne.

A présent, le défi, pour ces artisans, petits commerces de proximité, auto-entrepreneurs, est de renouer le lien avec leurs clients. Et ceci en-dehors de l’espace physique – qu’ils ne possèdent d’ailleurs pas forcément. Pour rappel, le numérique inonde nos vies depuis plusieurs années, et les consommateurs de demain – et même d’aujourd’hui -, ont pour la plupart grandi dans un espace digitalisé. S’ils veulent continuer d’exister, même au-delà des mesures sanitaires restrictives, ils doivent donc, si ce n’est envahir les réseaux sociaux, du moins être présents sur la Toile. Grâce à des outils simples comme les sites Internet par exemple.

« Les commerçants ont besoin de se réinventer »

« Dans le contexte actuel, les commerçants ont besoin de se réinventer », estime Alexandre Hampe, COO d’Hubside, un service d’aide à la création de sites Web, qui lance une offre de digitalisation de business pour les commerçants désireux de passer au numérique à l’heure du confinement. « Même sans compétences techniques, ils peuvent être autonomes et lancer leur commerce en ligne. Que ce soit pour des bijoux, de la menuiserie, ou encore des services de consultants, Hubside soutient ces professionnels et les accompagne dans leur développement », affirme-t-il.

La restauration, parent pauvre des annonces présidentielles du 24 novembre, plus que jamais soumise à des mesures restrictives – et ce jusqu’à janvier prochain au moins -, a plus que jamais besoin d’être présente sur la Toile pour fonctionner. A Lille, par exemple, c’est un restaurateur qui a fait appel aux services de Hubside, afin de garder le contact non seulement avec ses habitués, mais également avec des locaux désireux de tester d’autres choses, voire de donner un coup de pouce aux restaurateurs.

Le mobile, canal de vente incontournable

Ces derniers, tout comme les petits commerçants locaux, peuvent aussi passer par la case application pour smartphone, devenue aujourd’hui incontournable chez les jeunes – et très prisée des moins jeunes également. C’est ce que propose GoodBarber, dont le CEO, Sébastien Simoni, souhaite permettre aux commerces de créer leur propre « shopping app ». Le but : fluidifier les rapports commerçant/consommateur en rendant « la technologie simple et accessible pour concevoir des applications mobiles de commerce sans pour autant savoir coder », affirme celui-ci. Autrement dit : doter les petits commerces des mêmes atouts que les plateformes de e-commerce. 

Une sacrée avancée, d’autant plus qu’au premier trimestre 2020, 40 millions de Français ont effectué un achat en ligne – un chiffre vraisemblablement renforcé par la crise sanitaire -, tandis que 57 % des consommateurs tricolores ont désormais recours à leur smartphone pour acheter/payer en ligne. Et si la crise sanitaire poussait les petits commerces à se réinventer ?

 

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