Congés de fin d’année : vraiment une pause réparatrice ?

Congés de fin d’année : vraiment une pause réparatrice ?

Loin d’offrir une trêve régénératrice, les congés de fin d’année amplifient le stress financier, l’épuisement professionnel et l’isolement chez les employés. C’est ce que révèle une nouvelle enquête de Modern Health menée auprès de 1000 salariés américains. Pour les entreprises, ignorer cette réalité reviendrait à compromettre le retour au travail et les performances au premier trimestre, voire au-delà. Elles gagneraient à repenser leur approche du bien-être des salariés en cette période.

Moments festifs, les congés de fin d’année sont généralement perçus comme une pause réparatrice pour les travailleurs. Cette période est censée leur permettre de se reposer, de se ressourcer et de revenir au bureau avec une énergie renouvelée. Mais c’est seulement en théorie. D’après une nouvelle enquête menée auprès de 1000 salariés américains par Modern Health, une plateforme de bien-être pour les travailleurs, cette période peut devenir un goulot d’étranglement, car elle les accable d’inquiétudes financières, de pressions professionnelles et familiales.

Les congés de fin d’année régénérateurs, un mythe

« L’idée des fêtes de fin d’année réparatrice est un mythe tenace du calendrier corporatif : décembre offrirait un mois de décélération, et les congés de fin d’année, une parenthèse de ‘réinitialisation’ garantissant un retour des équipes en pleine forme dès janvier. Mais ce n’est pas vrai », souligne la Dre Jessica Watrous, directrice clinique chez Modern Health, qui appelle à déconstruire ce mythe.

Selon l’enquête de Modern Health, les fêtes de fin d’année constituent la période la plus stressante de l’année. Elles provoquent d’abord un stress financier, avec 66 % des sondés qui ressentent une pression à dépenser plus que nécessaire pendant cette période. Cette pression est plus importante chez ceux qui ont des responsabilités familiales. En particulier la génération sandwich (77%), ces salariés qui soutiennent à la fois leurs enfants et leurs parents âgés.

Les salariés ont du mal à se déconnecter

Modern Health note également une pression liée au travail. La plateforme rapporte que 57 % des sondés considèrent les fêtes de fin d’année comme la parenthèse la plus épuisante de l’année. Et pour cause. Ils ont du mal à décrocher à cause des sollicitations urgentes au travail. Près de deux tiers des salariés se sentent obligés de surveiller leurs courriels pendant leurs congés (57%), et ils sont presque autant à continuer de travailler pour éviter d’accumuler du retard et les angoisses qui l’accompagnent (51%). Cette absence de véritable rupture entre le monde professionnel et la sphère privé crée un cercle vicieux, marqué par l’épuisement professionnel et l’isolement chez les employés. Au milieu de tout ça, les travailleurs doivent gérer les conflits familiaux qui s’intensifient pendant les fêtes.

Les entreprises doivent repenser leur organisation pendant les congés de fin d’année

Par ailleurs, les employés sont tellement éreintés physiquement et moralement pendant les fêtes de fin d’année que près de deux tiers d’entre eux peinent à se remotiver et beaucoup envisagent de démissionner (quatre sondés sur dix) en raison d’un épuisement professionnel. Ces témoignages doivent interpeller les entreprises et les pousser à repenser leur approche du bien-être des employés en fin d’année. Pour éviter les départs et le déficit énergétique au retour au travail, elles devraient notamment se doter d’une politique de déconnexion. Il est possible d’adapter les attentes concernant la disponibilité pendant les fêtes.

Aussi, les organisations doivent normaliser les congés et offrir de la flexibilité aux employés qui gèrent des responsabilités familiales. Les dirigeants et les directions des ressources humaines peuvent en outre anticiper la charge de travail de janvier pour éviter aux employés de travailler pendant leurs congés. Les entreprises qui n’opèrent pas ce changement risquent d’entamer la nouvelle année avec des effectifs fragilisés et d’enregistrer un premier trimestre en deçà des attentes.