Mix électrique : dans l’UE, le solaire et l’éolien dépassent pour la première fois les énergies fossiles

Mix électrique : dans l’UE, le solaire et l’éolien dépassent pour la première fois les énergies fossiles

C’est une première dans l’Union européenne (UE) ! En 2025, l’éolien et le solaire ont dépassé la production d’électricité issue des combustibles fossiles, indique le think tank Ember dans son European Electricity Review 2026 publié le 22 janvier. Elle a atteint 841 TWh, soit 30,1 % de la production totale d’électricité, contre 809 TWh pour les énergies fossiles (29 % du mix). C’est une étape majeure de la transition énergétique qui a été franchie.

Une première ! En 2025, l’électricité produite à partir de l’éolien et du solaire dans l’Union européenne (UE) a dépassé celle issue des combustibles fossiles, indique le think tank Ember dans son European Electricity Review 2026 publié le 22 janvier. Elle a atteint 841 TWh, soit 30,1 % de la production totale d’électricité (19,7 % en 2020), contre 809 TWh pour les énergies fossiles, soit 29 % du mix énergétique européen (36,7 % en 2024). Au nombre des combustibles fossiles figurent le charbon, le gaz et le pétrole.

Boom de l’éolien et du solaire

Dans le détail, la production d’électricité issue du solaire a augmenté de plus de 20 % en 2025 (quatrième année de hausse consécutive) pour représenter 13 % de l’électricité européenne. Elle a quasiment doublé au cours des 5 dernières années, passant de 145 TWh en 2020 à 369 TWh en 2025. De son côté, l’éolien a représenté 16,9 % de la production d’électricité en Europe, malgré des conditions météorologiques moins favorables qu’en 2024. L’année dernière, il a même compté pour plus d’un cinquième de la production d’électricité de 5 États membres (Hongrie, Chypre, Grèce, Espagne, Pays-Bas). Cette progression des renouvelables a eu lieu dans 13 pays de l’UE, dont l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Espagne et les Pays-Bas, qui ont atteint ce seuil pour la première fois.

L’hydroélectrique recule

En revanche, la production hydroélectrique européenne (électricité produite par les barrages sur les cours d’eau) a baissé de – 8 % en 2025, reculant à 11,7 % du mix. Beatrice Petrovich, analyste senior chez Ember, explique cette forte baisse de la production hydroélectrique par des précipitations inférieures à celles de 2024. Cette année-là, l’Europe a enregistré des conditions hydrologiques exceptionnellement favorables par rapport aux conditions météorologiques typiques des dernières années. « Les précipitations cumulées en Europe du Nord, où se situent les grandes centrales hydroélectriques, ont été inférieures de 33 % à la moyenne des cinq dernières années », précise-t-elle.

Chute brutale du charbon

De leurs côtés, les centrales à gaz ont augmenté leur production de 8 % en 2025, s’élevant à 16,7 % du mix. Toutefois, elles n’ont pas pu retrouver leurs niveaux d’avant-crise énergétique. À l’inverse, le charbon poursuit sa chute inexorable. Il ne représente plus que 9,2% du mix électrique en 2025, alors qu’il pesait 24,6% en 2015. Sa part est d’ailleurs inférieure à 5% dans 19 États membres. Elle devrait continuer à baisser car ce combustible figure parmi les plus polluants au monde. Le nucléaire, lui, représente toujours 23,4% du mix énergétique européen. L’atome reste ainsi la principale source d’électricité dans l’UE, malgré la fermeture des réacteurs.

La croissance de l’éolien de du solaire va se poursuivre

Ember relève par ailleurs l’accélération du développement des batteries. Celles-ci auront un rôle majeur à jouer dans la transition bas carbone comme outil de flexibilité, en permettant notamment de réduire la nécessité de recourir au gaz. Selon Ember, les nouvelles données électriques de l’UE marquent un tournant majeur dans sa transition énergétique. Le seuil franchi par l’électricité éolienne et solaire en 2025 illustre une transformation profonde du secteur électrique européen.

Le think thank britannique s’attend à ce que la croissance de ces deux sources d’énergie se poursuive grâce à l’augmentation des capacités de production. « En investissant dans les batteries, dans les réseaux et en accélérant l’électrification des usages, l’UE pourra tirer parti de sa propre production d’énergie renouvelable afin de stabiliser les prix et de se prémunir contre le chantage énergétique », conclut Beatrice Petrovich.