PayPal trébuche et veut repartir du bon pied avec un nouveau CEO

PayPal trébuche et veut repartir du bon pied avec un nouveau CEO

PayPal a annoncé la semaine dernière des bénéfices pour cette année inférieurs aux estimations et des résultats du dernier trimestre 2025 pas satisfaisants au regard des attentes du board en matière d’exécution. C’est dans ce contexte que le conseil d’administration du groupe a procédé à la nomination d’Enrique Lores comme CEO, avec prise de fonction le 1er mars. L’ex PDG d’HP succède à Alex Chriss. Il promet de renforcer la culture d’innovation et d’opérer une transformation de long terme.

Mardi 3 février, PayPal a publié des résultats financiers 2025 inférieurs aux attentes de Wall Street et du board en matière d’exécution. Sur l’exercice clos le 31 décembre, le chiffre d’affaires a augmenté de 4% à 33,2 milliards de dollars, avec un volume total de paiements (TPV) qui a atteint 1.794 milliards de dollars, en hausse de 7% (6% à taux de change constant). Au quatrième trimestre uniquement, le CA s’est établi à 8,68 milliards de dollars (+4%) et le résultat net à 1,44 milliard de dollars. Le volume total des paiements a augmenté de 6 % à taux de change constant pour atteindre 475,1 milliards de dollars. À fin 2025, le groupe comptait 439 millions de comptes actifs, en hausse de 1,1% sur un an.

Les consommateurs ont réduit leurs paiements sur PayPal en fin d’année dernière

PayPal note que les résultats du quatrième trimestre 2025 contrastent avec un trimestre de vacances typique pour les sociétés de paiement. Alors qu’ils dépensent sans compter pour des cadeaux, des voyages et des promotions saisonnières pendant cette période de fête, les consommateurs ont diminué leurs achats et opérations financières par prudence, sous la pression des coûts de la vie obstinément élevés et des signes de ralentissement du marché du travail.

Les clients ont également réduit leurs achats discrétionnaires, tout en donnant la priorité aux nécessités quotidiennes. Poursuivant sur ses résultats financiers, PayPal note que la croissance des paiements de marque en ligne s’est ralentie pour atteindre 1 % au quatrième trimestre, contre 6 % un an plus tôt. La société explique cette évolution par la faiblesse de la vente au détail aux États-Unis, des vents contraires à l’échelle internationale et des comparaisons plus difficiles.

En 2026, PayPal anticipe un bénéfice en baisse d’un pourcentage à un chiffre ou en légère augmentation

Pour 2026, PayPal anticipe un bénéfice ajusté pour l’ensemble de l’année en baisse d’un pourcentage à un chiffre ou en légère augmentation, alors que Wall Street s’attend à une croissance d’environ 8 %. Cette prévision prudente reflèterait notamment l’attente d’investissements destinés à améliorer l’expérience utilisateur et la sélection des consommateurs. Malgré les inquiétudes qui ont pesé sur ses actions et ses activités ces dernières années, PayPal reste optimiste.

Et pour cause, l’entreprise continue d’obtenir de bonnes performances dans ses produits de base. Pour redresser la barre, elle a pris des mesures à court terme pour les paiements de marque en ligne. Mais les investisseurs craignent que cela ne suffise pas, avec l’arrivée probable de grands groupes technologiques tels qu’Apple et Google dans le secteur principal des paiements numériques. Cette intrusion pourrait éroder la part de marché du leader historique de ce marché.

Un nouveau PDG pour « délivrer une transformation de long terme »

Alex Chriss avait fait du développement des paiements de marque, qui génèrent des marges plus importantes, l’une des priorités de la suite de sa gouvernance. Désormais, c’est son successeur qui s’occupera de relever le défi. En effet, PayPal a annoncé, le 3 février, la nomination d’Enrique Lores comme CEO, avec prise de fonction le 1er mars.

Le nouveau PDG siégeait au conseil du groupe depuis près de cinq ans et en assurait la présidence depuis juillet 2024. Il est présenté comme un dirigeant « visionnaire », doté d’une solide expérience en matière de transformations complexes et d’exécution opérationnelle à l’échelle mondiale. Enrique Lores promet de « renforcer la culture d’innovation nécessaire pour délivrer une transformation de long terme » tout en améliorant la discipline d’exécution « trimestre après trimestre ». L’ex PDG d’HP doit aussi piloter le projet de banque du groupe aux États-Unis.