La guerre de Donald Trump en Iran a déjà des répercussions sur le monde

La guerre de Donald Trump en Iran a déjà des répercussions sur le monde

Donald Trump et Benjamin Netanyahou ont lancé samedi une attaque de grande envergure contre l’Iran, tuant plusieurs hauts dirigeants iraniens, dont le guide suprême Khamenei, et ciblant plus de 2000 sites stratégiques. En réponse, la République islamique mène des frappes de drones et de missiles contre Israël et des pays de la région abritant des installations américaines. Cette guerre a déjà des répercussions sur le marché de l’énergie et sur le transport aérien.

Les Etats-Unis et Israël ont lancé, le samedi 28 février, une attaque d’envergure contre l’Iran, alors que ce dernier avait fait d’importantes concessions dans les accords sur son programme nucléaire. Après quatre jours de conflits, les frappes américaines et israéliennes ont fait plus de 780 victimes en Iran, dont l’Ayatollah Ali Khamenei et plusieurs hauts gradés, et détruit plusieurs cibles stratégiques. En représailles, les forces armées iraniennes ciblent Israël et des installations américaines dans la région (bases militaires et ambassades). Elles ont fait au moins dix morts en Israël et six dans les rangs des soldats américains.

L’Iran bloque le détroit d’Ormuz

En plus de frapper les raffineries du Golf, l’Iran a bloqué le détroit d’Ormuz. C’est par ce conduit que transite 20% de la consommation mondiale de pétrole (soit 20 millions de barils par jour), ainsi qu’environ 14 % du commerce mondial de produits raffinés et 19 % des flux mondiaux de gaz naturel liquéfié GNL. Cette situation perturbe évidemment la production et les approvisionnements.

L’armateur CMA-CGM, un des principaux acteurs du transport de conteneurs, a annoncé la suspension de toutes ses lignes commerciales au Moyen-Orient, dès le samedi 28 février. De son côté, la compagnie énergétique publique qatarie QatarEnergy a annoncé lundi avoir interrompu la production de gaz naturel liquéfié (GNL) à la suite d’attaques iraniennes contre les installations de deux de ses principaux sites de traitement de gaz.

Arrêt quasi-total du trafic maritime

Ras Tanura, une des plus grandes raffineries d’Arabie saoudite, exploitée par la compagnie pétrolière nationale Saudi Aramco, a également dû interrompre certaines opérations après une attaque qui a provoqué un incendie. L’arrêt quasi total du trafic maritime et de la production entraînent des hausses sur les marchés de l’énergie. Le gaz européen a ainsi bondi lundi de plus de 50 %, restant cependant largement en dessous des niveaux atteints au début de la guerre en Ukraine. Quant au Brent, la référence internationale pour le baril de pétrole, il s’est envolé de plus de 13 %, dépassant les 82 dollars, bien plus haut que les 60 dollars du début d’année.

Une potentielle crise de la production d’hydrocarbures au-delà de 4 semaines de conflit

Citi prévoit pour sa part que le baril de Brent se négocie entre 80 et 90 dollars au cours de cette semaine. De son côté, Goldman Sachs anticipe un scénario où les flux sont interrompus pendant un mois, avec une probable hausse de 130 % pour atteindre les 74 euros par mégawattheure (25 $/mmBtu) pour les prix de référence du gaz TTF et JKM.

JPMorgan, elle, estime que les producteurs du Golfe disposent d’une capacité de stockage et de transport par pétrolier suffisante pour couvrir 25 jours d’interruption de l’approvisionnement, alors que Donald Trump veut mener sa guerre sur 4 semaines au moins. La banque calcule toutefois qu’une restriction de 3 à 4 semaines dans le détroit d’Ormuz pourrait forcer le Conseil de coopération du Golfe à interrompre sa production et faire passer le prix du Brent au-dessus de 100 dollars le baril.

Le conflit en Iran touche aussi le secteur aérien

Se voulant plus rassurante, la Commission européenne a déclaré que les stocks de gaz européens sont à un niveau suffisant pour finir l’hiver. Les réserves de gaz en Europe sont à 30%, un seuil habituel à cette époque de l’année. Le ministre de l’Économie Roland Lescure donne les mêmes garanties. Mais les prix ont tendance à flamber sur le marché au fil du conflit, qui pourrait prendre une ampleur encore plus dramatique.

D’ailleurs, le domaine de l’énergie n’est pas le seul affecté par la guerre des Etats-Unis contre l’Iran. Le secteur aérien en souffre également . Plusieurs compagnies aériennes ont annulé leurs vols à destination de la région pour quelques jours, en raison des missiles qui vont dans tous les sens. De nombreux touristes sont ainsi bloqués et parfois contraints de se réfugier dans des abris anti-aériens. Ce calvaire devrait durer vu la résolution des protagonistes à en finir une bonne fois pour toute.