Mipim : la stratégie gouvernementale pour relancer le logement
Le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a présenté mercredi au Mipim la stratégie du gouvernement pour relancer le marché résidentiel français. Les principaux points de ce plan sont la sécurisation des loyers, la stabilité réglementaire et la simplification des permis, le tout accompagné d’objectifs ambitieux de construction. A savoir, atteindre 2 millions de logements supplémentaires d’ici 2030, soit environ 400 000 logements par an.
L’édition 2026 du Marché international des professionnels de l’immobilier (Mipim), le grand rendez-vous international du secteur, vient d’avoir lieu à Cannes, du 9 au 13 mars. Elle a réuni plusieurs milliers de professionnels, dans un contexte de tensions géopolitiques marqué par la guerre au Moyen-Orient. A l’occasion de cet évènement, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a détaillé les priorités du gouvernement pour relancer la production de logements en France.
Mieux protéger les bailleurs contre les impayés pour fluidifier le marché du logement
Face aux professionnels de la filière, le ministre a d’abord insisté sur la nécessité de mieux protéger les bailleurs contre les impayés afin de fluidifier le marché locatif. Pour y parvenir, le gouvernement souhaite s’inspirer du modèle canadien quasi dichotomique. Celui-ci se caractérise par une entrée plus souple dans le logement, et en même temps par des procédures accélérées d’expulsion des locataires en cas d’impayés persistants. D’après Vincent Jeanbrun, cette approche permettrait de réduire les freins à l’investissement institutionnel dans le résidentiel, alors que ces obstacles restent fortement présents dans l’immobilier tertiaire.
Une réforme pour donner plus de pouvoir aux élus locaux
Pour résoudre la crise du logement, Vincent Jeanbrun souhaite également donner davantage de pouvoir aux maires. Il prépare une réforme permettant aux élus d’identifier des secteurs d’opérations d’intérêt local labellisées par l’État, permettant de déroger à certaines règles pour accélérer les projets. Le ministre estime qu’il y a aujourd’hui trop « de recours dilatoires » et « beaucoup de blocages juridiques abusifs » qui freinent l’aménagement des territoires. Il veut lever tous ces freins et hâter les constructions, comme ce fut le cas lors de l’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024. Cet évènement, dit-il, a démontré qu’il était possible de bâtir « vite, bien, et en respectant nos ambitions environnementales ».
Un décret d’ajustement de la RE2020 entrera en vigueur au 1er mai 2026
Sur le plan environnemental justement, Vincent Jeanbrun a défendu les exigences françaises, qu’il considère comme « les plus vertueuses du monde ». Pour lui, la rigueur et la stabilité réglementaire sont une condition essentielle pour relancer les opérations immobilières. Dans cette optique, un décret d’ajustement de la RE2020 s’appliquera à (presque) toute la construction neuve au 1er mai 2026. Ce texte doit éviter que les promoteurs aient « à arbitrer entre la qualité d’usage et l’impact carbone, notamment pour la création de terrasses ou de balcons », a précisé le ministre de la Ville et du Logement.
La crise du logement concerne toute l’Europe
Toutes ces mesures portent un objectif ambitieux : construire 2 millions de logements supplémentaires d’ici 2030, soit environ 400 000 unités par an. Vincent Jeanbrun juge prioritaire de restaurer l’attractivité de l’investissement dans la pierre car en France « notre crise est aussi fortement liée au recul des investisseurs institutionnels dans le résidentiel ». Le ministre de la Ville et du Logement note toutefois que cette crise du logement ne frappe pas que la France, mais aussi toute l’Europe. Il l’attribue aux politiques monétaires des dernières années, aux variations de taux, à la rareté du foncier et à la hausse des coûts de construction.




