Paiements instantanés : Mastercard recentre ses priorités d’investissements

Paiements instantanés : Mastercard recentre ses priorités d’investissements

Selon le Financial Times, Mastercard cherche à vendre l’unité de paiements en temps réel qu’il a acquise auprès du groupe danois Nets en 2019 pour 3,2 milliards de dollars. Cette activité inclue notamment des solutions de compensation, de paiements instantanés et de facturation électronique. Ce projet de cession s’inscrit dans une stratégie plus large de recentrage des activités du groupe, qui veut adapter son positionnement dans un secteur en évolution rapide.

Mastercard, géant de la carte de crédit, étudie la cession de son activité de paiements en temps réel, d’après le Financial Times, qui cite des sources près du dossier. Le groupe aurait déjà mandaté des banques d’affaires pour examiner cette opération, qui pourrait attirer des fonds de capital-investissement. La valorisation envisagée serait toutefois inférieure au prix d’acquisition initial, alors que l’unité génère environ 370 millions de dollars de revenus annuels et environ 100 millions de dollars d’excédent brut d’exploitation (bénéfices avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement).

Mastercard recentre ses investissements

Acquise en 2019 pour 3,2 milliards de dollars, l’unité de paiements en temps réel du groupe Nets comprend des services de compensation et de paiement instantané, ainsi que des solutions de facturation électronique. Sa cession intervient alors que Mastercard recentre ses investissements pour s’aligner sur l’évolution rapide du secteur des paiements instantanés.

L’entreprise investit particulièrement dans l’infrastructure stablecoin et les transferts basés sur la blockchain, dans un contexte de clarté réglementaire croissante et d’utilisation en hausse des cryptomonnaies et autres devises numériques. Début 2026, il a fait l’acquisition de la société d’infrastructure de stablecoins BVNK pour un montant pouvant atteindre 1,8 milliard de dollars.

Une opération bien calculée

Ce paiement important pour acquérir la plateforme de stablecoins en dit long sur les ambitions de Mastercard. L’entreprise aurait pu s’associer avec BVNK ou prendre une participation minoritaire. Aussi, elle aurait pu racheter un acteur plus petit à une fraction du prix pour l’incorporer à son propre système. Au lieu de cela, Mastercard met sur la table une somme record, plus du double de la valorisation obtenue lors de la série B de BVNK il y a un peu plus d’un an (750 millions de dollars). Cet investissement massif n’est pas anodin.

BVNK déjà bien établi dans le monde du point de vue réglementaire

Mastercard ne manque d’ailleurs pas de talents en ingénierie pour construire sa propre infrastructure. Si le groupe a décidé de racheter BVNK, c’est sans doute parce que la société dispose de plusieurs licences, acquises minutieusement au fil d’années d’engagement réglementaire dans plus de 130 pays.

Mastercard sait que ses propres démarches dans les bureaux de régulateurs lui prendront énormément de temps. Ce qu’il n’a pas actuellement, alors que la concurrence fait rage dans un secteur des paiements en évolution rapide. En acquérant un acteur déjà bien assis au niveau réglementaire, le géant de la carte de crédit peut immédiatement lancer ses opérations, sans attendre sa propre infrastructure.

Mastercard pourrait proposer une meilleure facturation

Avec une nouvelle infrastructure toute faite, Mastercard peut facilement remodeler l’accès financier pour ses 1,3 milliard d’utilisateurs en s’appuyant sur son réseau de commerçants et de distribution dans les marchés émergents. Dans un marché où l’on paie 8% de frais de transferts, le groupe pourrait faire de belles affaires avec une facturation à 2%. Mais s’imposer ne sera pas facile.

Ses concurrents aussi ont déjà perçu le potentiel du règlement en stablecoin. Stripe a acquis Bridge, tandis que Visa évalue sa propre démarche. Dans les prochains mois, chaque acteur majeur des cartes devra obligatoirement disposer d’une stratégie. Si ce n’est pas le cas, il devra s’expliquer devant les actionnaires.