La crise de la dette pour les nuls

Vous avez beau essayer de comprendre les mécanismes de cette crise, pas toujours évident de suivre sans connaître le sens précis des expressions utilisées par les médias. Pour mieux comprendre les enjeux, nous vous proposons ce lexique de la crise de la dette pour les nuls, afin d’y voir un peu plus clair.

 

Dette souveraine

Dette globale d’un État. Son montant correspond aux déficits cumulés par l’Etat et ses différents organismes. Elle est garantie par l’Etat lui-même ou par une Banque Centrale. Dans la zone euro, les Etats ne peuvent plus émettre de la monnaie. Les Etats doivent donc emprunter les marchés financiers. En France, à la fin du premier trimestre 2011, la dette atteint 1 646,1 milliards d’euros,  soit 84,5% du PIB, contre 64,2% du PIB fin 2007 et 55,5% du PIB en 1995. En Grèce, la dette publique a dépassé les 120% du PIB et devrait même atteindre 160% du PIB en 2012.

 

Obligation

Titre de créance qui permet aux Etats d’emprunter sur les marchés financiers. La dette de l’Etat est fractionnée en obligation. Contrairement à l’action, titre de participation dans une société, une obligation est un prêt d’argent moins risqué, car son rendement est déterminé au moment de son l’acquisition. Elle aussi est moins rentable.

 

Banque centrale européenne (BCE)

Structure indépendante des gouvernements, la BCE est la banque centrale des Etats membres de la zone euro. Elle gère la politique budgétaire et assure le contrôle de l’inflation.

 

Défaut de paiement

Situation dans laquelle un État s’avère incapable de régler une échéance de dette, rompant ainsi le contrat entre débiteur et créancier. Le défaut de paiement peut être partiel si l’impossibilité de régler les échéances porte seulement sur une partie de la dette. Les États-Unis sont passés proches du défaut de paiement, et la Grèce n’est toujours pas à l’abri de cette situation malgré le plan de sauvetage européen.

 

Les agences de notation

Agences privées chargées de déterminer le niveau de confiance que les investisseurs peuvent accorder aux Etats (tout comme aux entreprises et aux banques). Ce niveau est déterminé par à un système de notes. Si la France perd son fameux « AAA », la confiance des investisseurs envers elle baissera et la France sera donc contrainte d’emprunter à des taux d’intérêt supérieurs.

 

Obligations européennes (Eurobonds)

Actuellement, les États de la zone euro empruntent chacun de leur côté. Comme ces Etats n’ont pas tous la même solidité financière, certains comme l’Allemagne peuvent emprunter à des taux d’intérêts intéressants, d’autres dont les capacités financières sont mises en doute, comme la Grèce, sont obligés d’emprunter à des taux d’intérêts élevés, ce qui contribuent à les affaiblir davantage.  Pour sortir de ce cercle vicieux, le système des obligations européennes (Eurobonds) permettrait d’emprunter en commun à un taux d’intérêt unique, avant de redistribuer l’argent emprunté. Ce système, notamment approuvé par la France, est pour le moment catégoriquement rejeté par l’Allemagne.

 

Rachat de la dette grecque

Selon cette solution envisagée pour aider la Grèce, des États prêteraient de l’argent à la Grèce pour lui permettre de racheter sa dette à un prix avantageux. Ce rachat permettrait de diminuer l’ampleur de la dette grecque. Par conséquent, les taux d’intérêt pour les futurs prêts accordés à la Grèce redeviendraient plus raisonnables.

 

Participation du secteur privé

Proposition allemande qui consiste à faire payer une partie de la dette grecque aux investisseurs qui ont prêté de l’argent à la Grèce. Cette solution a finalement été rejetée car elle aurait pu être considérée comme un défaut de paiement par les influentes agences de notation.

 

Credit Default Swap (CDS) / couverture de défaillance

Contrat d’assurance qui permet aux banques de se prémunir du risque de défaut de paiement d’un Etat moyennant une prime versée au vendeur de cette assurance. Ce type de contrat a été dénoncé comme étant un outil spéculatif pour parier sur la faillite d’un Etat. En effet, dans ce marché, plus le risque est grand, comme dans le cas de la Grèce, plus les primes versées sont importantes.

 

Règle d’or

Adoptée suite au récent sommet européen sur la crise de la dette souveraine, elle oblige les Etats membres de la zone euro et les Etats membres de l’UE qui l’acceptent d’adopter une règle budgétaire dans leur constitution selon laquelle le déficit structurel annuel des États ne peut pas dépasser 0,5% du PIB.

Déjà un commentaire sur cet article

  1. […] En plein milieu d’une crise de la dette historique et cataclysmique, la sécurité n’est plus une priorité de premier rang comme elle pouvait l’être en 2007. Pourtant sur cette thématique, le bilan du président n’est pas négligeable. Certes, la France de la sécurité reste coupée entre une justice laxiste et procédurière et des policiers à qui l’on n’accorde pas tous les outils pour effectuer aux mieux leur mission. Certes la micro-délinquance de loisir de sauvageons persiste… […]

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