Sam Altman estime que l’IA consomme moins d’énergie qu’un être humain
Que ne ferait-il pas pour défendre son bébé ChatGPT ? Invité à une conférence en Inde, Sam Altman a tenu des propos hallucinants sur la consommation d’énergie de l’intelligence artificielle (IA). Le fondateur d’OpenAI juge important de mettre en perspective la consommation d’énergie de cette technologie avec celle d’un être humain adulte. Selon lui, former un humain, ça prend vingt ans de vie, toute la nourriture consommée pendant ce temps, et même des milliers d’années d’évolution collective.
C’est un fait. L’intelligence artificielle générative consomme beaucoup d’énergie. En 2025, les data centers sur lesquels repose cette technologie représentaient environ 4% de la consommation électrique mondiale, contre seulement 2 % en 2020. D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation de l’IA devrait doubler d’ici 2030, ppur atteindre 940 TWh, soit plus que la consommation actuelle du Japon. Mais il n’y a pas que l’électricité qu’elle aspire. Les centres de données aspirent aussi d’énormes quantité d’eau potable au quotidien pour refroidir leurs serveurs. Chaque requête ChatGPT consommerait au moins 17 gallons d’eau (64L).
Sam Altman nuance l’impact environnemental de l’intelligence artificielle
Bien évidemment, ces chiffres ne plaisent pas aux patrons de la tech, notamment à Sam Altman, créateur de la fameuse IA générative ChatGPT. Dans le cadre d’un événement organisé par The Indian Express, le 19 février dernier, le PDG et fondateur d’OpenAI a tenu à nuancer l’impact environnemental gargantuesque de l’intelligence artificielle. Selon lui, ces statistiques sont erronées et les comparaisons fausses. Il réfute catégoriquement l’idée qu’une requête ChatGPT consommerait l’équivalent de plusieurs charges de batterie d’iPhone.
Des chiffres « complètement absurdes »
Sam Altman a également minimisé les craintes concernant l’eau. Les estimations des chercheurs n’auraient « aucun lien avec la réalité ». Le patron américain a notamment rejeté celles sur les dizaines de litres d’eau par requête, qu’il qualifie de « complètement absurdes ». Il assure que ces chiffres reposent sur des méthodes de refroidissement désormais dépassées, comme le refroidissement évaporatif utilisé autrefois dans certains centres de données. Le dirigeant a avancé qu’une requête sur ChatGPT ne consommerait qu’environ 0,32 millilitre d’eau, soit « un quinzième de cuillère à café ».
Un humain, ça consomme plus d’énergie qu’une intelligence artificielle
Bien décidé à défendre le bilan énergétique de l’IA, Sam Altman a même osé comparer la consommation de son chatbot à celle d’un être humain. « Il faut aussi énormément d’énergie pour former un être humain », a-t-il lancé. Il évoque « des années de vie, toute la nourriture consommée et même l’évolution de milliards de personnes » pour parvenir au niveau de connaissance actuel. « Si vous posez une question à ChatGPT, combien d’énergie faut-il pour y répondre une fois le modèle prêt, comparé à un humain ? », a interrogé le fondateur de Loopt, qui ajoute que l’IA a « probablement déjà rattrapé son retard » sur l’être humain en seulement quelques années.
Sam Altman propose de se tourner rapidement vers les énergies renouvelables
Est-ce une façon pour Sam Altman de dire que le problème vient des humains, qui abuseraient des chatbots ? Trouve-t-il inutile ou énergivore de créer des humains ? Ses propos ne devraient guère étonner. Ce sont ceux du commerçant qui vend sa marchandise et la défend même quand elle pose problème. Evidemment, les internautes ont massivement dénoncé les déclarations d’un entrepreneur hors sol. En accusant uniquement l’utilisateur plutôt que la machine également, Sam Altman cherche à détourner le débat sur la consommation monstrueuse inhérente de l’intelligence artificielle. Si les humains doivent modérer leur usage de cette technologie, il faut aussi et surtout trouver des moyens de la rendre moins énergivore et problématique pour l’environnement. Le PDG d’OpenAI a heureusement quelques pistes : « se tourner très rapidement vers le nucléaire, l’éolien ou le solaire »…




