Crowdfunding : la collecte repart timidement à la hausse en 2025

Crowdfunding : la collecte repart timidement à la hausse en 2025

Après deux années consécutives de repli, le crowdfunding repart à la hausse, mais timidement. En 2025, le financement participatif a atteint 1 763 millions d’euros, soit une progression de 1,8 % sur un an. Mais derrière cette stabilisation se jouent des dynamiques différentes : l’immobilier continue de faire grise mine, tandis que les énergies renouvelables gagnent du terrain.

Le crowdfunding va-t-il reprendre sa marche en avant ? Après deux années consécutives de repli, le financement participatif connait une légère amélioration en 2025 avec 1 763 millions d’euros de collecte, soit une progression de 1,8 % sur un an, d’après le baromètre de référence réalisé par Forvis Mazars pour France FinTech. En 2024, le crowdfunding avait atteint 1 731 millions d’euros. Par rapport à 2022, année du pic de collecte, le montant de 2025 représente toutefois un recul de près de 600 millions d’euros.

Le crowdfunding réduit l’ampleur de la baisse de la collecte de ces dernières années

L’amélioration de la collecte en 2025 comparée aux deux années précédentes reste néanmoins contrastée si on considère les segments individuellement. En effet, la crise se prolonge dans l’immobilier avec une collecte en retrait de 1,9% à 845 millions d’euros, même s’il y a un progrès notable rapport au plongeon de 25,8 % en 2024.

Cependant, ce secteur représente encore 48 % du crowdfunding, contre 60% il y a trois ans. Il affiche des rendements entre 9 % et 11 % brut, avec des durées courtes de 12 à 36 mois. L’incertitude continue de peser sur la capacité des porteurs de projet à lever des fonds, comme sur l’appétence des particuliers pour l’investissement. Selon le baromètre, entre 25 et 30 % des projets accusent des retards de plus de six mois, et entre 20 et 25 % sont en procédure collective.

Le crowdfunding EnR consolide sa deuxième place

A l’inverse, le crowdfunding EnR consolide sa position de deuxième classe d’actifs de ce modèle de financement. En 2025, les énergies renouvelables ont capté 358 millions d’euros, en hausse de 31 %. Elles représentent désormais plus de 20 % de la collecte globale du crowdfunding français, dont 70 % dans le photovoltaïque. Le couple rendement/risque est même le meilleur, avec un taux de défaut de 2 % des projets, et un rendement moyen atteignant 7,7 % brut.

La solidité du secteur s’explique en grande partie par le fait que les infrastructures renouvelables ont des revenus adossés à des contrats d’achat long terme auprès d’EDF OA (Obligation d’Achat), service chargé d’acheter la production d’électricité solaire des particuliers. Cette particularité confère aux EnR une visibilité sur les cash-flows que peu d’autres secteurs peuvent apporter.

Le prêt rémunéré remonte la pente grâce au crowdfactoring

En outre, le baromètre Forvis Mazars relève que le prêt rémunéré remonte la pente grâce au crowdfactoring, le financement de factures de TPE/PME. Celui-ci affiche une collecte de 399 millions, en forte progression par rapport aux 294 millions d’euros de 2024. Quant à l’investissement en capital, il ne représente plus que 170 millions d’euros de levée, reflet des difficultés de financement des startups et d’une fiscalité moins avantageuse. On note enfin que le don reste stable. En 2025, les montants collectés s’élèvent à 178 millions d’euros (avec ou sans récompense) pour 129 500 projets. Notons que le don finance surtout des projets solidaires et culturels pour les particuliers, ou les projets à impact local et territorial pour les entrepreneurs.