PLF 2027 : l’Assemblée nationale entame les débats sous tension

PLF 2027 : l’Assemblée nationale entame les débats sous tension

Les débats sur le projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027) ont débuté ce mardi 13 octobre à l’Assemblée nationale, dans un contexte marqué par la dégradation des finances publiques et les incertitudes entourant l’adoption du budget. À moins de sept mois de l’élection présidentielle, le gouvernement de Sébastien Lecornu entend ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut (PIB), grâce à un effort budgétaire annoncé de 54 milliards d’euros.

Très attendus, les débats sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 ont débuté ce mardi 13 octobre à l’Assemblée nationale. Ils portent notamment sur les économies prévues dans la copie transmise au Parlement. Le gouvernement de Sébastien Lecornu veut ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut (PIB), grâce à un effort budgétaire annoncé de 54 milliards d’euros. Cette prévision de déficit s’entrechoque avec la dette publique qui s’élève à 3 595,5 milliards d’euros (environ 52 209 euros par Français), soit 119 % du PIB.

Le PLF 2027 repose sur une série de mesures d’économies et de recettes supplémentaires

Pour atteindre ses objectifs, l’exécutif mise sur une série de mesures d’économies et de recettes supplémentaires. Le projet de budget prévoit notamment une contribution accrue des retraités, à hauteur de 5,5 milliards d’euros, un gel du point d’indice des fonctionnaires et un effort demandé aux collectivités territoriales. Les crédits accordés aux ministères devraient également baisser ou rester stables, avec une progression des dépenses de santé limitée à 2 % en 2027. Parmi les autres mesures annoncées figurent une taxe ciblant les fournisseurs de kérosène fossile pour soutenir le développement des carburants durables dans l’aviation, ainsi qu’une révision de certains dispositifs de soutien à la rénovation énergétique, comme MaPrimeRénov’.

Une croissance attendue autour de 1 % en 2027

Avec ces mesures, le gouvernement table sur une croissance de 1 % en 2027, contre 0,5 % en 2026, et sur une inflation ramenée à 1,8 %. De son côté, la Banque de France prévoit une croissance de 0,9 %, tandis que l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et le centre de recherche Rexecode anticipent seulement 0,7 %. Dans le même temps, l’emploi salarié devrait reculer de 0,3 % en moyenne annuelle, malgré une progression attendue des salaires de 2,7 %. Cependant, la charge de la dette pourrait passer de 79 milliards d’euros en 2026 à 91 milliards en 2027, dans les projections les plus optimistes.

Une motion de rejet préalable du PS rejetée

Le projet de budget se heurte toutefois à une forte opposition dans l’Assemblée nationale. Les députés socialistes, en particulier, ont déposé une motion de rejet préalable, mais celle-ci a été rejetée par l’hémicycle mardi. Ils dénoncent l’absence de compromis de l’exécutif, les discussions en commission n’ayant, selon eux, pas permis d’obtenir des inflexions suffisantes. D’autres groupes, notamment La France insoumise, ont également déposé des motions similaires. L’adoption d’une de ces motions entraînerait le rejet du texte avant sa transmission au Sénat. Une telle décision offrirait un répit au Premier ministre et le temps de revoir sa copie budgétaire.

Les débats sur le PLF 2027 pourraient s’éterniser

Outre les partis politiques, les mesures annoncées dans le cadre du PLF suscitent également des interrogations dans les secteurs sociaux. Dans l’éducation nationale, le budget prévu pour 2027 augmente de 1,2 milliard d’euros, pour dépasser 64 milliards, avec 3 257 postes supplémentaires annoncés. Mais près de 1 600 postes doivent être supprimés, alors que des lycéens et des étudiants réclament davantage de moyens à travers le blocus des lycées en cours.

L’examen du PLF s’annonce donc sous tension, faute de majorité parlementaire clairement acquise au gouvernement. Consacrée aux recettes, les premières discussions se poursuivront jusqu’au 19 octobre, avant un vote solennel prévu le 20 octobre. Il y aura ensuite des débats sur les dépenses à partir du 27 octobre. Le vote sur l’ensemble du budget est, lui, programmé au 17 novembre. En cas de blocage, Sébastien Lecornu n’exclut pas le recours à des ordonnances. Une perspective qui n’enchante guère les oppositions.