Pollution de l’air intérieur : la pompe à chaleur comme solution ?

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Moins montrée du doigt que celle de l’air extérieur, la pollution de l’air intérieur représente pourtant une menace réelle, responsable de plusieurs millions de décès chaque année. Afin de lutter contre ce fléau mondial, le recours aux pompes à chaleur semblerait particulièrement adapté pour limiter efficacement les risques.

La pollution de l’air : un fléau qui vous ronge de l’intérieur

 

Chaque année dans le monde, 4,3 millions de personnes décèdent à cause de la pollution de l’air à l’intérieur des bâtiments, soit trois fois plus que le Sida, la tuberculose et le paludisme réunis, selon l’OMS. Bien qu’ignoré d’une grande partie de la population, ce phénomène se répand d’autant plus rapidement que nous passons près de 80 % de notre temps enfermés dans un appartement, une maison ou un bureau, où les sources d’intoxication ne manquent pas. Parmi les principaux polluants chimiques de nos intérieurs, le monoxyde de carbone dégagé notamment par les appareils de chauffage défectueux est bien connu pour son caractère létal à forte concentration. De nombreuses autres matières comme les composés organiques volatils (COV) et semi-volatils (COSV) présents dans les peintures, parfums, feutres, revêtements et autres biocides peuvent se révéler particulièrement toxiques, voire même cancérigènes. À cette liste s’ajoutent la fumée de cigarette et les pesticides, dont les effets nocifs sur l’organisme ne sont plus à démontrer. Sans oublier la poussière, le radon (gaz radioactif présent dans les espaces mal ventilés), les spores de moisissure ainsi que les allergènes émis par les plantes, insectes, acariens et animaux domestiques. Début mars 2018, une étude scientifique a ainsi identifié pas moins de 59 substances toxiques dans les moquettes vendues dans l’Union européenne, dont des perturbateurs endocriniens et des phtalates.

Avec l’augmentation conjointe de la population mondiale et de la surface moyenne des logements, le nombre de maladies provoquées par la pollution de l’air intérieur n’est pas prêt de baisser. Malgré l’augmentation de 10 % de la consommation finale d’énergie dans le secteur résidentiel entre 1985 et 2015, les rejets de CO2 y sont légèrement en baisse (- 3% entre 1995 et 2012), d’après une étude publiée en 2017 par le Commissariat général au développement durable. Ces résultats s’expliquent par les progrès réalisés en matière de performance énergétique, tels que l’amélioration de l’isolation thermique, l’installation d’équipements moins énergivores et l’évolution du mix énergétique. En France, les systèmes de chauffage au fioul, au gaz et au bois continuent toutefois d’équiper près de 60 % des foyers, avec des risques de pollution de l’air accrus en cas de défaillance ou de mauvais entretien. Outre l’émission de polluants chimiques, ces sources d’énergie rejettent beaucoup plus de CO2 que les appareils alimentés par l’électricité, contribuant dangereusement au réchauffement climatique de la planète. De même, la climatisation des espaces intérieurs constitue également une menace importante pour la qualité de l’air, aux conséquences là aussi graves pour la santé et l’environnement. Aux États-Unis, des chercheurs ont constaté que l’utilisation des climatiseurs lors de pics de chaleur provoquait 3 à 4 % d’émissions de C02, de SO2 (dioxyde de souffre) et de Nox (oxydes d’azote) en plus par degré supplémentaire. Une pratique d’ailleurs contraire aux recommandations de l’OMS, qui conseille d’aérer régulièrement les pièces à vivre pour garder un intérieur sain.

La filière pompe à chaleur (PAC) en plein essor

 

Si le recours à la climatisation est à limiter au maximum selon les conclusions du rapport, des efforts restent aussi à effectuer en matière de chauffage des deux côtés de l’Atlantique. Conscients des méfaits des combustibles fossiles pour la santé et l’environnement, les Français se tournent de plus en plus vers des appareils moins énergivores et plus respectueux de l’environnement. D’après un récent sondage réalisé par Opinion Way pour l’association Qualit’EnR, ils seraient ainsi 81 % à « faire confiance » aux fameuses pompes à chaleur (PAC). Selon l’enquête, les PAC seraient même le mode de chauffage préféré dans l’Hexagone devant les systèmes solaires et les inserts bois grâce, notamment, à des coûts d’investissement et d’alimentation jusqu’à 70 % inférieurs aux autres sources d’énergie, loin devant le fioul et le gaz, dont le prix évolue régulièrement à la hausse.

Dans ce secteur en plein essor, les modèles réversibles ont particulièrement la cote auprès des Français. Leur atout : une fonction double de climatiseur et de chauffage via un système d’aérothermie recyclant l’air ambiant, utile l’été comme l’hiver. Avec un rendement de 2 à 4 kW produit pour 1 kW d’électricité consommé, les PAC équipaient déjà 2,9 millions de foyers l’an dernier en France, qui fait figure de premier marché européen. Au-delà des économies budgétaires, la filière permet surtout de réduire l’impact sur l’environnement grâce à des appareils rejetant 3 à 4 fois moins de CO2 qu’une chaudière classique, soit 6 millions de tonnes de CO2 évitées chaque année. Les pompes à chaleur garantissent aussi et surtout un air intérieur de meilleure qualité du fait de l’absence d’émissions de particules et de leur facilité d’entretien. Un argument qui pourrait, à l’avenir, faire encore davantage la différence dans l’esprit des consommateurs.

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