Mario Draghi douche les espoirs d’une intervention de la BCE

Les chefs d’Etat européens devront se débrouiller seuls pour rendre leur fonds de sauvetage opérationnel. C’est, en substance, ce qu’a déclaré le 19 décembre Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne (BCE) au Financial Times, confirmant ainsi qu’il ne voulait pas voir l’institution basée à Francfort prendre des mesures d’assouplissement quantitatif et commencer à imprimer de l’argent.

Mario Draghi a mis en garde contre les attentes de certains politiques de voir la Banque Centrale Européenne (BCE) se transformer pour les Etats en prêteur en dernier ressort. « La priorité est de restaurer la confiance des citoyens et des investisseurs dans notre continent. Nous n’y parviendrons pas en détruisant la crédibilité de la BCE ».

Le dirigeant européen estime que c’est aux Etats de renforcer le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF). « Le FESF doit former un pare-feu bien équipé et opérationnel. » a-t-il déclaré avant d’ajouter que « le retard pris pour rendre le FESF opérationnel (avait) entraîné l’augmentation des ressources nécessaires pour stabiliser les marchés ». En d’autres termes, plus les Etats hésitent à accorder des fonds suffisants au FESF, plus les besoins deviennent importants.

Conformément à la position défendue par Angela Merkel, Mario Draghi veut cantonner la BCE à un rôle d’assistance au fonds de sauvetage de la zone euro. Pour lui, il est hors de question que la BCE mette en place des objectifs pour des spreads sur les obligations d’Etat, expliquant que ceux-ci dépendaient des réglementations mises en œuvre par les Etats.

L’ancien gouverneur de la Banque d’Italie n’est d’ailleurs pas sûr qu’à l’avenir  la BCE continuera d’acquérir des obligations d’Etat par le biais de son programme pour les marchés de titres (SMP). Pour le moment, l’institution a déjà dépensé plus de 200 milliards d’euros pour acheter les obligations souveraines des pays touchés par la crise de la dette.

Mario Draghi a appelé à des plans d’austérité dans tous les pays de la zone euro car « l’austérité dans un seul pays n’est pas suffisante pour regagner la confiance des marchés. » et à l’injection de liquidités pour contribuer à l’amélioration de la situation des banques, ajoutant que celles-ci seraient libres de dépenser comme elles le souhaitaient les fonds qu’elles récolteraient.

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