Rapport de l’ASN : renforcer sans fermer les centrales

Après plusieurs mois d’études, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) vient de remettre son rapport au gouvernement. L’organisme public préconise de renforcer la sûreté du parc nucléaire français mais réaffirme que “les installations examinées présentent un niveau de sûreté suffisant pour qu’elle ne demande l’arrêt immédiat d’aucune d’entre elles”.

Mardi 3 janvier, l’ASN a remis au gouvernement les conclusions d’un audit de sécurité des 58 réacteurs nucléaires français, lancé après la catastrophe de la centrale de Fukushima au Japon en mars. L’autorité préconise un certain nombre de mesures afin d’améliorer la sûreté du parc nucléaire :

– la mise en place de noyaux durs. L’ASN veut de chaque exploitant (EDF, Areva, CEA et l’Institut Laue-Langevin) qu’il définisse et mette sur pied  sur chaque site un “noyau dur”, c’est-à-dire un ensemble de dispositions matérielles et organisationnelles permettant d’assurer les fonctions principales du site en situation extrême. Plus précisément, il s’agit de pouvoir contrer la progression d’un accident grave, de limiter les rejets massifs dans l’environnement et de permettre à l’exploitant d’assurer la gestion de crise via des groupes électrogènes “d’ultime secours”, une alimentation en eau adéquate ou encore un centre de gestion de crise “bunkérisé”.

– une amélioration des piscines. Des dispositions renforcées visant “à réduire le risque de dénoyage” du combustible dans les piscines dans lesquelles le combustible usé est entreposé seront exigées.

– la création d’une “force d’action rapide nucléaire” de quelques centaines d’hommes.

– l’étude de la faisabilité de dispositifs supplémentaires permettant de protéger les nappes phréatiques au voisinage des centrales ou de La Hague.

– le renouvellement des effectifs et des compétences des exploitants.

– le renforcement des référentiels de sûreté des installations nucléaires, notamment en ce qui concerne les séismes, les inondations et les risques liés aux activités industrielles proches des centrales.

L’ASN prévoit également quelques mesures spécifiques pour  des cas particuliers. Pour le site de La Hague, elle insiste sur la question des sources d’alimentation en eau qui devront être plus “robustes”. Pour les centrales d’EDF, elle réclame le renforcement des dispositifs d’éventation-filtration. Le CEA devra, lui, évacuer les matières fissiles sur un de ses sites de Cadarache vers une installation dimensionnée pour résister au séisme.

Pour le président de l’Autorité, André-Claude Lacoste, les mesures imposées aux exploitants des centrales est “massif”.

“Un seul exemple: un diesel d’ultime secours coûte entre 30 et 50 millions d’euros. Il en faudra un pour chaque réacteur, soit un coût total de l’ordre de deux milliards d’euros”, explique-t-il dans un entretien au quotidien Le Monde.

L’ASN réaffirme en tout cas
que la sûreté des centrales nucléaires françaises est suffisante et qu’aucune d’entre elles ne nécessite un arrêt immédiat.

 

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