Fermeture de Fessenheim : éclairage du président de l’ASN

Le gouvernement français a annoncé que la centrale nucléaire de Fessenheim serait fermée d’ici 2016. Mais ce timing ne devrait pas être respecté selon André-Claude Lacoste, le président de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire).

En effet, il explique qu’il faudra environ deux ans à l’exploitant de la centrale alsacienne, EDF, pour monter son dossier de fermeture et de démantèlement, et trois années supplémentaires pour mener à bien les procédures obligatoires pour la publication du décret de mise à l’arrêt-démantèlement.

« Ça n’empêche pas la mise à l’arrêt, ça n’empêche pas un certain nombre d’opérations, mais ça empêche l’opération de démantèlement proprement dite » a précisé le président de l’autorité garante de la sûreté nucléaire en France.

De plus, André-Claude Lacoste a expliqué que l’exploitant aura nécessairement son mot à dire dans la fermeture de Fessenheim. Il affirme que François Hollande ne peut pas fixer à lui seul l’avenir de la centrale car l’Etat n’est pas le seul actionnaire d’EDF. « Le président de la République tient ses engagements, c’est sa décision. Mais nous ne sommes pas dans une dictature. Il ne suffit pas que le chef de l’Etat dise ‘ça s’arrête’ pour que ça s’arrête. C’est maintenant à EDF –qui possède et exploite les réacteurs de Fessenheim, et à des actionnaires électriciens (suisse et allemand) ayant un droit de tirage sur cette centrale-, de constituer un dossier de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement ». L’Etat devra donc sûrement trouver un terrain d’entente avec EDF et ses actionnaires afin de négocier des compensations financières…

André-Claude Lacoste a précisé  que le démantèlement de la centrale prendra entre 20 et 25 ans.

Enfin le président de l’ASN, dont le mandat non renouvelable arrive à terme le 12 novembre, a rappelé qu’il était primordial que son successeur ne soit ni pro ni antinucléaire.

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