Naissance de la BPI, «porte-avions» naviguant en eaux troubles

moscovici_ue besoindegauchePierre Moscovici, ministre de l’Economie, qualifiait il y a peu la Banque publique d’investissement (BPI) de « porte-avions du pacte de compétitivité ». Un bateau dont le lancement est imminent, mise en eaux troubles et légèrement houleuses.

L’ampleur du projet autour de la BPI le prédestinait à connaître des luttes de pouvoir internes, guerres intestines pour décider qui aurait le contrôle de cette banque dont la capacité d’intervention financière avoisinera les 42 milliards d’euros. Ça n’a pas manqué. Courant septembre, l’Etat prétendait ainsi s’arroger 51% des parts de la BPI. Une requête inacceptable pour la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui voulait légitimement 50% de l’actionnariat. Face à la proposition de cette dernière de ne finalement être que « partenaire » du projet à 34%, l’Etat, par l’intermédiaire de François Hollande, n’a eu d’autre choix que de capituler, et d’accepter de partager avec la CDC à parts égales : 50 – 50.

Tout aurait pu s’achever sur cette note optimiste, si les régions n’avaient pas à leur tout décidé d’avoir voix au chapitre. En cause, le guichet unique que chacune d’elles hébergera, guichet unique de la BPI regroupant les différents dispositifs de financement à l’usage des PME et ETI (Oséo, le Fonds stratégique d’investissement (FSI) et CDC Entreprises (notamment connue par le biais de sa filiale Qualium Investissement). Les régions reprochaient à l’Etat de ne pas assez déléguer mais de garder une emprise prééminente sur la BPI, via cette configuration, les faisant passer pour incompétentes sur le plan économique.

Une tension qu’est venue apaiser la nomination par les parlementaires de deux présidents de régions au conseil d’administration de la BPI : Jean-Paul Huchon (Ile-de-France) et Ségolène Royal (Poitou-Charentes). Les deux élus régionaux possèderont en effet une voix délibérative, et s’exprimeront au nom des régions.

Touts ces points de désaccords évacués, la BPI semble avoir trouvé un relatif équilibre, et devrait donc être en mesure d’aider activement les entreprises dès le début de l’année 2013. Pourvu qu’une lame de fond ne vienne une fois de plus remettre en cause la flottaison de ce bâtiment à l’allure fière mais à l’armature encore un peu fragile.

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