Quand la reprise économique arrive de l’Est

budapest_photoBracketing LifeLa reprise économique, tant attendue par les pays d’Europe occidentale, semble bel et bien présente, mais pas là où on l’attendait.  La Pologne, la République Tchèque, la Hongrie, l’Ukraine ou encore la Roumanie, les pays d’Europe centrale et orientale renouent les uns après les autres avec la croissance.

La croissance polonaise

La France, comme l’Espagne, l’Italie et bien d’autres pays d’Europe occidentale, n’attend qu’une chose : la croissance, qui tarde à se montrer.  Inverser sa courbe du chômage, augmenter son PIB et le moral de ses consommateurs, ce n’est pas chose facile, mais ce n’est pas chose impossible non plus. Preuve en est avec les derniers chiffres de Capital Economics sur la croissance en Europe.

« Il y a plusieurs facteurs qui témoignent d’une reprise économique : meilleure dynamique de la production industrielle, accélération de la consommation des ménages, meilleure dynamique des ventes au détail ». Piotr Bielski, analyste dans une banque polonaise, se réjouit de la santé économique de son pays et il y a de quoi. Avec pas moins de 38 millions d’habitants, la Pologne a vu son PIB progresser de 0,6 % en seulement 6 mois.

Depuis 2011, les consommateurs du pays sont de plus en plus nombreux, au fur et à mesure des sondages, à se déclarer confiants en l’avenir. Une foi de la population plus difficile à percevoir dans les pays d’Europe occidentale et pour causes. En France comme chez ses voisins, l’Allemagne mise à part, le chômage ne cesse d’augmenter et les gouvernements, au mieux, n’arrivent qu’à ralentir cette ascension du nombre de personnes sans emploi. En Pologne, le taux de chômage baisse et l’humeur des consommateurs s’améliore.

Une  croissance dépendante des marchés occidentaux

En République tchèque, la tendance est également à la croissance. La troisième économie d’Europe centrale est finalement sortie de la récession et affiche une croissance de son PIB égale à celle de l’Allemagne, de 0,7 % pour les deux pays. Une progression également proche de celle du PIB de la Hongrie, de 0,6 % au premier trimestre de cette année, la première progression pour le pays depuis 2011. En 2012, alors que les économies d’Europe occidentale s’effondraient les unes après les autres, l’Ukraine voyait son PIB augmenter de 0,2 %. La même année, la Roumanie affichait une croissance de son économie de 0,7 %. Les chiffres se suivent et se ressemblent pour la plupart des pays d’Europe centrale et orientale : la reprise économique est là.

Piotr Bielski prévient cependant : « le plus grand risque pour les économies émergentes d’Europe centrale et orientale, c’est l’incertitude qui pèse sur la durabilité de la reprise économique mondiale. Une rechute mondiale stopperait l’élan de ces économies ». En effet, si les pays d’Europe centrale et orientale semblent mieux s’en sortir face à la crise que de nombreux pays d’Europe occidentale, c’est pourtant grâce aux marchés de ces derniers qu’ils arrivent ainsi à faire progresser leurs économies.

La République tchèque par exemple doit sa croissance à son industrie automobile, qui représente pas moins de 20 % de sa production industrielle et l’essentiel de ses exportations vers l’Europe occidentale. Les prévisions positives sur l’économie ukrainienne ne sont pas sans rapport avec la probable signature d’un accord d’association entre le pays et l’Union européenne en novembre prochain. Pour la Roumanie, cette thèse se confirme une nouvelle fois. Si le pays a vu son économie progresser ainsi, c’est en grande partie dû au nombre croissant de ses exportations d’automobiles vers l’Europe occidentale.

L’émergence à long terme des pays d’Europe centrale et orientale ne peut se faire qu’à la condition d’une stabilité économique retrouvée pour les pays d’Europe occidentale. Aujourd’hui, tous les yeux sont rivés sur ces derniers et leurs croissances, dont beaucoup de destins dépendent.

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