L’économie française minée par le pessimisme ambiant

OptimismeLa France va mal. La France a peur. La France n’a plus espoir. En substance, il s’agit du message que transmettent les médias presque tous les jours. Les chiffres ne mentent pas : 72 % des Français sont pessimistes pour l’avenir de la société. Le discours de François Hollande ne convainc pas. Le chômage progresse et la croissance est atone. Bref, difficile de garder la foi dans un environnement aussi anxiogène. Pourtant ne faudrait-il pas un simple regain de moral et d’optimisme pour inverser la tendance de la sinistrose ?

Marasme économique : la coupe est pleine

D’après un sondage CSA pour BFMTV, rendu public le 30 novembre, 72 % des Français se déclarent pessimistes pour « l’avenir de la société française ». En outre, ils sont 47 % à être inquiets pour leur avenir personnel.  Le constat est sans appel : seuls 26 % de la population est optimiste quant à l’avenir. Un chiffre qui accuse une baisse significative de 10 points par rapport à octobre. La conclusion est simple : les Français ont le moral dans les chaussettes, et ça empire.

Ce constat établi, reste encore à identifier les causes de cette morosité durable et généralisée. Ici aussi la réponse ne fait guère de mystère. L’économie est la source de tous les maux dont souffre le pays actuellement. La crise économique et financière qui s’est abattue sur le monde n’en finit pas et la confiance en l’action des pouvoirs publics nationaux et européens est au plus bas.

Le message de François Hollande et Jean-Marc Ayrault peine à convaincre l’auditoire. Le Gouvernement répète à l’envi que la croissance repart et que la courbe du chômage sera inversée d’ici la fin de l’année 2013. Or il n’en est rien. Le nombre de demandeurs d’emploi ne cesse de grimper, le pouvoir d’achat est faible, les possibilités d’épargner sont minces et la compétitivité des entreprises est plombée. Par conséquent, l’espoir de voir le pays se redresser dans un futur proche n’est partagé que par une minorité de Français. Et si l’on saupoudre le tout d’un ras-le-bol fiscal, le cocktail peut devenir explosif.

Un Printemps de l’optimisme pour mettre un terme à un hiver noir ?

Pourtant, en dépit des apparences, il est évident que cet état de sinistrose n’est pas irrémédiable. Si les raisons d’être inquiet sont effectivement nombreuses, les Français n’en demeurent pas moins les champions du monde du pessimisme. Comme l’explique le bien nommé Michel Lejoyeux, psychiatre, « on est en train d’installer l’idée que tout Français suivant l’actualité doit être déprimé, sinon il est anormal. Il faut tout de même raison garder ! Ce qui détermine le plus les individus, ce sont des questions intimes que la crise n’impacte pas forcément : la famille, la santé, la vie amoureuse. Il ne faut pas confondre la dépression, qui est une vraie maladie, avec nos émotions. (…). Bien sûr qu’on doit soutenir ceux qui sont directement frappés, comme les chômeurs, mais ne confondons pas tout. Il n’y a pas d’épidémie de malades dépressifs et anxieux qui font la queue devant mon service de l’hôpital Bichat » !

Pas de hasard donc si un responsable politique tel que Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche, souhaite lutter contre la morosité ambiante en créant un « Observatoire des idées noires ». Ou si le Conseil économique, social et environnemental (CESE), dans une logique nettement plus transpartisane, prévoit d’accueillir le Printemps de l’optimisme, un événement dont Thierry Saussez est à l’origine. Communicant de métier, élu local et proche de Nicolas Sarkozy, ce dernier souhaite insuffler un vent d’optimisme dans l’esprit des Français et leur montrer qu’il existe encore de nombreuses raisons de croire en l’avenir.

Interrogé par le Figaro Magazine, Thierry Saussez n’hésite pas à s’appuyer sur la littérature et la philosophie pour nourrir son propos, reprenant notamment les mots d’Albert Camus et du Mythe de Sisyphe : « c’est au cœur de l’hiver que j’ai découvert que j’avais en moi un invincible printemps ». Les 16 et 17 mai prochains, sous le patronage de Jean-Paul Delevoye, président du CESE, auront ainsi lieu trois débats sur les manières de mobiliser les énergies positives en période de crise, sur les possibilités d’amélioration de la motivation et du bonheur des salariés, et sur comment rendre le message des médias plus positif.

A l’heure actuelle, estime l’Express dans son dossier intitulé « Rester zen face à la morosité », le contexte économique et social a réveillé « la culture protestataire » des Français, reprenant ici l’expression de l’historien François Furet. Pessimiste, la France l’est peut-être par nature, même lorsque les indicateurs sont au vert. Néanmoins, les initiatives visant à lutter contre cette spirale négative pourraient s’avérer salutaires, surtout lorsque le discours politique ne semble pas en mesure d’accomplir cette mission, qui lui incombe pourtant.

Déjà 2 commentaires sur cet article

  1. Ma-boite dit :

    Ce Mélenchon est un triste clown. Avec des élites non élues de cet acabit pas étonnant que les français n’aient aucune confiance dans notre économie.

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