EDF : Henri Proglio pas reconduit malgré son bilan ?

Henri ProglioLa reconduction d’Henri Proglio à la tête d’EDF doit être tranchée d’ici jeudi par le président de la République. Le patron de l’énergéticien public, qui peut notamment s’appuyer sur un bilan positif, devrait voir son bail prolongé de trois ans… à moins que François Hollande choisisse de jouer la carte politicienne.

Le bilan d’Henri Proglio chez EDF est solide. A en croire l’ensemble des observateurs interrogés ces derniers jours, la gestion de l’ancien patron de Veolia a permis de redresser les comptes de l’entreprise publique. Avec un résultat net de 3,5 milliards d’euros en 2013, en croissance de 7,4%, le PDG d’EDF termine son premier mandat dans le vert.

Un tour de force qui s’explique notamment par la capacité de l’énergéticien français à exporter son savoir-faire (notamment nucléaire) malgré un climat international morose marqué par la catastrophe de Fukushima. Des performances à l’international illustrées ces dernières semaines par la signature d’un contrat pour la construction de deux réacteurs EPR en Grande-Bretagne pour un montant estimé à 19 milliards d’euros.

Un bilan globalement positif qui devrait conduire l’exécutif à renouveler pour trois ans le bail d’Henri Proglio à la tête d’EDF, comme l’ont affirmé plusieurs journalistes ces dernières semaines. A moins que François Hollande ne choisisse de sacrifier Henri Proglio pour des motifs politiques et pour nommer un(e) proche à la tête d’EDF.

Un scénario kafkaïen dont s’est fait écho mardi le quotidien Libération qui affirme que le président de la République ne compterait pas reconduire Henri Proglio :

Au sommet de l’Etat, on reconnaît pourtant que le bilan de Proglio est «bon». Pourquoi alors le changer? «Avec la loi de transition énergétique, c’est une page qui se tourne, c’est une nouvelle stratégie qui se met en œuvre pour EDF. C’est logique que le gouvernement ait besoin d’incarner ce changement», peut-on lire dans les colonnes de Libération.

Ecran de fumée avant une reconduction qu’on disait sans suspens ? Véritable volonté de rupture de la part de François Hollande ? Si le bilan d’Henri Proglio plaide en sa faveur, un retournement de situation n’est jamais à exclure dans le contexte hyper-politisé des nominations des patrons d’entreprises publiques.

Reste à savoir quel serait l’impact d’une éviction d’Henri Proglio au sein de l’entreprise. « Cela serait une onde de choc en interne s’il n’était pas renouvelé. Les gens sont persuadés que c’est l’intérêt de l’entreprise qui l’emportera sur des considérations politiques », expliquait récemment L’Express pour qui l’entreprise est « derrière lui« . Et le PDG d’EDF peut de surcroît se targuer du soutien de poids des syndicats du groupe, à commencer par celui de la très influente CGT.

Quoi qu’il en soit, le dernier mot reviendra au président de la République qui doit trancher d’ici jeudi, date du prochain conseil d’administration du groupe, sur l’avenir d’Henri Proglio. D’ici là, revirements et coups de théâtre ne sont pas à exclure.

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