Conférence environnementale : un point sur l’emploi

logo-conf-environnementaleLa conférence environnementale du 27 et 28 novembre était le troisième sommet environnemental de la présidence Hollande. Malgré les ambitions affichées, les participants n’ont pas caché leur déception. Et pour cause, entre les discours et les actes, un écart persiste et signe la rupture entre le Président et écologistes convaincus. Pourtant, c’est bien la croissance verte qui devait être à l’origine de la reprise de la dynamique économique dans notre pays, notamment avec la relance de l’emploi…

La transition énergétique et l’inversion ratée de la courbe du chômage

Parmi les engagements de François Hollande, l’inversion de la courbe du chômage et le développement de la croissance verte sont probablement les plus grands échecs. A en croire le syndicat Force Ouvrière, la transition énergétique serait même à l’origine de la destruction de 30 000 emplois.

On est loin des prévisions établies par l’ADEME et l’OFCE qui estimaient à 800 000 le nombre d’emplois générés par la transition énergétique en 2050. Mêmes les calculs réalisés par le Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement (CIRED) du CNRS se révèleraient surévalués (+ 300 000 en 2050).

En effet, selon le professeur Frédéric Gonand de l’Université Paris Dauphine : « l’argument relatif aux créations d’emplois, qui doit être examiné au niveau de l’ensemble de l’économie et non des seuls secteurs dits « verts », doit être employé avec prudence ». Pire, selon l’Institut de Recherches Economiques et Fiscales, « un emploi vert créé détruit trois emplois ailleurs ».

Avec ces chiffres on comprend mieux le mécontentement des acteurs engagés dans la transition énergétique. Comme l’explique Benoît Hartmann, porte-parole de France nature environnement (FNE) : « chaque année, nous avons droit à des discours très allants en matière d’écologie, mais aucun ne s’est jamais transformé en actes ou en monnaie sonnante et trébuchante ».

Le secteur de l’énergie, naturellement pourvoyeur d’emploi

Les orientations de la transition énergétique pourront-elles être revues ? Pour Bruno Rebelle membre du comité de pilotage du débat sur la transition énergétique « notre pays a besoin de dégager des capitaux, de créer des emplois et de réduire ses pollutions. La transition peut répondre à ces trois enjeux: le changement me paraît donc inéluctable ».

Une situation d’autant plus inexplicable, que le secteur de l’énergie est traditionnellement créateur d’emplois. Il y a quelques jours, la Chambre Régionale de Commerce et de l’Industrie et l’INSEE rappelait que dans le Nord-Pas-de-Calais, rien qu’en 2014, 3 000 emplois ont été créés dans ce secteur.

En conférence de presse, la ministre de l’énergie Ségolène Royal a donc indiqué vouloir élargir le champ de la transition énergétique à des filières comme l’artisanat ou l’hôtellerie-restauration. Pour cela elle compte notamment sur le nouveau Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle (Cnefop).

Une mobilisation d’autant plus urgente que le groupe Randstad France constate que « le marché des « emplois verts » continue de fléchir en 2014, avec une baisse de 12 % au premier semestre 2014 par rapport au premier semestre 2013 »…

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  1. […] a commencé il y a une semaine, quand une étude menée de paire par l’INSEE et la chambre régionale de commerce et d’industrie a révélé le rôle majeur de l’énergie […]

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