Affaire des taxis: Agnès Saal a démissionné

Affaire des taxis: Agnès Saal a démissionné

photo_Agnes Saal_Rémi Mathis48 heures après sa mise encore pour ses frais de taxis, Agnès Saal a présenté sa démission suite aux recommandations de Fleur Pellerin qui voulait arrêté la polémique après celle de Mathieu Gallet à Radio France.
Une révélation de la presse a entrainé le monde de l’audiovisuel public dans une tempête médiatique.
Agnès Saal était à la tête de l’INA depuis un an. Elle vient d’être mis en cause pour une dépense de 40 000 euros de taxi en 10 mois, dont 6 700 euros a été dépensé par son fils qui avant un code réservation auprès de la compagnie G7.
« En tant que PDG de l’Ina, j’ai une voiture de service avec chauffeur à disposition. Mais, comme je ne peux pas le faire travailler 12 à 15 heures par jour ni les week-ends, j’ai également un abonnement aux taxis G7, car je n’ai pas de permis de conduire. Ce dispositif avait déjà existé avant mon arrivée et je l’ai repris », a déclaré Agnès Saal.
Les informations concernant les dépenses de taxi de la PDG de l’INA avait découvert par « un corbeau » et ont été envoyées anonymement aux administrateurs de l’INA juste avant le conseil d’administration du jeudi dernier. Une enquête interne a été ouverte pour connaître l’identité du « corbeau ».
Les syndicats de l’INA avaient réveillé la colère des salariés qui doute sincèrement de la crédibilité de leur PDG.
Ils ont publié une pétition sur Change.org exigeant la démission de la dirigeante. La pétition avait recueillit près de 31 000 signatures en quelques heures et les médias avaient évoqué différents calculs en tout genre concernant la somme: « 905 tours du périphérique parisien » pour Libération et « 42 jours et 42 nuits enfermée dans un taxi » pour Patrick Cohen de France Inter.
Devant cette nouvelle polémique, le ministre de la Culture a tout de suite exigé la démission d’Agnès Saal.
Elle avait évoqué, la veille, « son attachement très ferme à l’exemplarité des dirigeants des organismes publics placés sous sa tutelle ».
La démission a pris effet tout de suite. La direction de l’INA doit être prise en charge par son secrétaire général, Jean-Marc Auvray, par intérim en attendant la nomination d’un nouveau président.
« Il y a un peu un sentiment de gâchis », a commenté à l’AFP Hervé Hubert, délégué syndical FO de l’Ina, craignant « des conséquences sur l’image » de cet organisme gardien des archives de l’audiovisuel français, créé en 1975.
Contactée par l’AFP, Agnès Saal n’a pas voulu faire de commentaire sur la situation.
L’ancienne directrice du Centre de Pompidou était arrivée à la tête de l’INA suite à un conseil des ministres les 30 avril 2014, selon les propositions d’Aurélie Filippetit. Sa démission « était absolument nécessaire au vu des graves dysfonctionnements constatés », a-t-elle déclaré mardi.
Agnès Saal avait pris la place de Mathieu Gallet qui avait été désignée par la CSA pour diriger Radio France. Il avait été mis en cause pour une rénovation assez coûteuse des boiseries de son bureau à la maison, ainsi que pour des émoulements d’un conseiller en image. Il a été blanchi par l’inspection générale des Finances qui estime que les sommes n’étaient  » pas de caractère abusif ».
Après ces affaires, Fleur Pellerin a établi «  »la définition d’un encadrement et d’un contrôle plus efficaces » de ce type de dépenses afin de « donner des directives claires ».
Ainsi, depuis 17 avril, l’Inspection Général des Affaires Culturelles et au Contrôle Général Economique et Financier (CGEFI) ont été chargés de rappeler « le cadre précis dans lequel ces dépenses doivent s’inscrire et proposeront, le cas échéant, de modifier ou d’harmoniser certaines règles de fonctionnement ».
Concernant l’affaire des taxis d’Agnès Saal, la ministre de la Culture a demandé au CGEFI , « son analyse et ses recommandations pour les suites qu’il conviendrait éventuellement de donner ».

crédit photo: Remi Mathis