Gaz de schiste : un hallucinant rapport

Le figaro s’est procuré un rapport « enterrée par le gouvernement » demandé par l’ancien ministre du redressement productif concernant les perspectives ouvertes via les nouvelles technologies d’exploration des hydrocarbures non conventionnels.

L’ex ancien ministre du redressement productif était un fervent défenseur de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels et il prouve ses convictions. Arnaud Monterbourg avait demandé en 2012 une étude auprès d’experts afin de mettre un point sur la loi Jacob en 2011 concernant les projets d’exploitation et d’exploration de gaz schistes. L’objectif des études est de démontrer qu’il existe d’autres alternatives à la facturation hydraulique bannie, et par la même occasion mettre en place un modèle d’affaires capable de redresser l’économie de la France.

Le rapport fait de moins de 70 pages et a été rédigé par les experts de Bercy, de l’Institut français du pétrole, de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et du consultant Roland Berger. L’étude a atteint l’objectif escompté, et en le lisant, pourquoi la France tarde à commencer ses campagnes de forage.

Le potentiel français est considérable. «Le Bassin parisien présente des similitudes avec le gisement américain dit du Bakken Shale. […] Le contenu organique de la roche-mère dans les deux gisements et le niveau de maturité étant similaires, cela laisse espérer un potentiel largement supérieur à celui de ce gisement américain», peut-on lire à la page 45. «L’ordre de grandeur des ressources en place est ainsi estimé aux alentours de 16 milliards d’équivalent barils de pétrole, ce qui correspondrait à plus de 26 ans de notre consommation nationale.»
Exploiter cette forme de richesse n’a rien de sorcier et n’est pas nocif, 6000 à 18 000 puits sont nécessaires dont les deux tiers se trouvent dans le sud-est du pays, où les connaissances géologiques sont moindres que dans le bassin parisien.

Concernant les problèmes environnementaux ou sanitaires, le rapport n’y fait pas de mention qu’en un seul article. Le plus hallucinant c’est la qualité de l’œuvre littéraire qui était utilisée pour rédiger le rapport sans pour autant qu’il contient d’importantes informations scientifiques. Un rapport publié en août 2013 de David Allen qui évoque un taux de fuite des puits d’exploitation de gaz de 0,42 %. D’autres évaluations comme les travaux du Robert Howarth, ou de Tom Wingley ont été passées par pertes et profits, de même que les impacts sur les bronches des riverains ou la couche d’ozone stratosphérique ont également été avérés.
Et la destruction du paysage alors ? Elle « se limite aux têtes de puits qui, dans le cas des gaz de schiste, ont une hauteur de 1,8 mètre ». Les « experts » ont sans doute qu’il faut défricher, aménager pour les plates-formes de près de 2 hectares pour mettre en place les têtes de puits. Un autre faux problème, «La mise en œuvre de bonnes pratiques et de réglementations contraignantes, sous le contrôle de l’administration, permet de maîtriser la plupart des risques identifiés », enfin d’après le rapport, il est mieux d’utiliser le propane non inflammable pour stimuler la roche sans polluer.

La fracturation par heptafluoropropane n’a jamais été employée par des compagnies gazières à l’échelle industrielle. C’est vrai que la technologie est assez coûteuse que la fracturation hydraulique. Le R227 est un gaz très puissant qui produit d’importantes quantités à effet de serre. Son potentiel de réchauffement global est de 3 500 fois supérieures à la CO2 en un siècle. Ces inconvénients n’ont pas été mentionnés par les rédacteurs du rapport Bataille Lenoir sur les gaz de schiste.

Malgré cela, le rapport Montebourg n’affiche pas l’abandon du projet, car l’exploitation de ces gisements, la France peut bénéficier d’une rente de 225 000 emplois pour près de 300 milliards d’euros sur 30 ans. Malgré le fait que Christian Bataille et Jean-Claude Lenoir adhèrent l’idée, ils préfèrent rester prudents

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