NGE crée un congé endométriose, une première dans le BTP
Une première dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Le groupe NGE propose désormais un congé endométriose à ses salariées atteintes de cette maladie gynécologique chronique et invalidante. Il permet jusqu’à sept jours de congés payés par an, sur simple présentation d’un certificat médical rédigé par un médecin spécialiste. Pour l’entreprise qui ne compte que 12% de femmes dans ses effectifs, c’est aussi un enjeu d’attractivité.
NGE, 4e groupe de BTP en France, renforce son engagement en faveur du bien-être de ses employés. Il vient de mettre en place un congé endométriose pour ses salariées atteintes de cette maladie gynécologique. Longtemps méconnue, l’endométriose est une pathologie chronique et invalidante. Elle peut provoquer des douleurs pelviennes intenses, des règles très douloureuses, une fatigue chronique, des troubles digestifs/urinaires et une dépression. C’est un véritable calvaire quand on en souffre et qu’on doit se rendre au travail, surtout si celui-ci demande beaucoup d’énergie.
Il suffira de remettre un certificat médical rédigé par un médecin spécialiste pour obtenir ce congé endométriose
Dorénavant, les salariées de NGE n’auront plus à aller au travail si elles en souffrent. Elles pourront bénéficier de jusqu’à sept jours de congés payés par an, qu’elles soient en France ou dans les 21 pays où l’entreprise est implantée. Il leur suffira de remettre un certificat médical rédigé par un médecin spécialiste pour obtenir ce congé endométriose. Avec cette mesure, le groupe devient le premier acteur du BTP en France à proposer ce congé spécifique pour les collaboratrices souffrant de la maladie (environ 10% des femmes concernées dans le monde).
Un levier d’attractivité pour NGE
« L’endométriose est un sujet qui concerne la santé au travail et la qualité de vie au travail. Proposer des jours de congé supplémentaires, c’est dire aux salariées femmes qui pâtissent de cette maladie que le sujet est assumé, qu’elles peuvent en discuter ouvertement avec leurs managers (qui sont souvent des hommes) et qu’elles seront accompagnées dans les situations compliquées », a déclaré Laurence Lelouvier, directrice des Ressources humaines à NGE. La DRH ajoute qu’il s’agit aussi d’un enjeu d’attractivité car l’entreprise souhaite aussi attirer davantage de femmes grâce à ce congé.
Les femmes représentent seulement 13% des employés du BTP
Actuellement, NGE ne compte que 12% de femmes dans ses effectifs, contre seulement 13% dans tout le secteur des bâtiments et travaux publics. Celui-ci reste donc largement masculin. Cependant, les femmes s’engagent de plus en plus dans ce milieu, en particulier dans les professions d’ingénieur, de directrice de projets, de métreur ou encore de conductrice de travaux. Dans ce contexte, la mise en place d’un congé endométriose peut renforcer l’attractivité d’une entreprise. NGE projette de recruter 5 000 personnes dans les prochaines années, avec l’objectif d’augmenter la part des femmes à 20%.
Certaines militantes féministes craignent que le congé endométriose ne pénalise les femmes lors de l’embauche
SouterReines, une association qui milite pour la féminisation des métiers du BTP, a salué l’initiative de NGE. Selon sa présidente Loubna Bounoure, la société a trop longtemps soutenu l’idée « qu’il n’y avait pas de différence entre les hommes et les femmes et que seule la compétence comptait. Or, c’est faux, les hommes et les femmes ne sont pas pareils et c’est en reconnaissant les différences qu’on intégrera mieux les femmes dans ces métiers, et dans d’autres aussi ». Certaines féministes craignent toutefois que le congé endométriose ne pénalise les femmes lors de l’embauche et n’accroissent les discriminations, comme avec le congé menstruel. Osez le féminisme, notamment, pense qu’une indemnisation dès le premier jour serait une meilleure solution.




