OL : des finances en voie d’assainissement malgré un déficit encore lourd
En plus de mieux se porter sur le plan sportif, avec une première place en Ligue 1 après sept journées, l’Olympique lyonnais (OL) se rétablit progressivement au niveau financier. Les comptes de l’exercice 2025-2026, que vient de publier le club, témoignent des premiers effets du plan d’économies engagé par sa nouvelle direction, sous l’impulsion de Michele Kang. Malgré un déficit net de 87,3 millions d’euros, les pertes ont considérablement diminué en un an, tandis que les dépenses ont été fortement réduites. La situation reste toutefois fragile, avec une dette importante et des revenus en baisse.
Après sept journées de Ligue 1, l’Olympique lyonnais occupe la première place du championnat de France avec 14 points, à ex aequo avec le Paris-Saint-Germain, Paris FC, Lille et Monaco. Le club rhodanien se trouve aussi en bonne place en Ligue Europa (6 points et 12e), malgré une défaite lamentable à Hoffenheim hier soir (3-0). Mais il n’y a pas que sur le plan sportif qu’il se redresse peu à peu.
Une réduction de près de 60% des pertes nettes pour l’exercice clos le 30 juin 2026
En plus de ses résultats sportifs encourageants, l’OL améliore progressivement sa situation financière. Pour l’exercice clos le 30 juin 2026, le club annonce une perte nette de 87,3 millions d’euros, contre 201,2 millions lors de la saison précédente, soit une réduction de 57 %. Cette amélioration résulte notamment de la politique d’austérité engagée après le départ de John Textor et la prise de contrôle du club par Michele Kang en 2025. L’objectif est de rétablir durablement l’équilibre économique sans compromettre les performances de l’équipe.
Une plus grande maîtrise des salaires à l’OL
Le principal levier de redressement concerne la réduction des dépenses. En effet, les charges de personnel sont passées de 177,7 à 114,5 millions d’euros, soit une baisse de 36 %, correspondant à 63,1 millions d’économies. Il s’agit de leur niveau le plus bas depuis la saison 2017-2018. Ce résultat repose notamment sur une maîtrise accrue des rémunérations des joueurs, avec des salaires mensuels généralement compris entre 100 000 et 150 000 euros. Parallèlement, les achats et charges externes ont diminué de 20 %, soit 19,2 millions d’euros d’économies. Grâce à ces mesures, l’excédent brut d’exploitation s’est nettement amélioré, passant de -47,7 à -4,7 millions d’euros, rapprochant le club de l’équilibre opérationnel.
Diminution des recettes liées aux droits tv et aux événements du Groupama Stadium
Ces progrès sont néanmoins dégradés par le recul des produits des activités, transferts inclus, de 19 % à 222,3 millions d’euros. Hors transferts, les revenus d’exploitation ont atteint 143,3 millions, en baisse de 12 %. La diminution des droits télévisuels, des recettes liées aux événements du Groupama Stadium et des revenus issus des transferts explique une partie de cette contraction. Seule la billetterie progresse, de 5 %, pour atteindre 45 millions d’euros. Le parcours européen de la saison précédente, malgré une élimination en huitièmes de finale de Ligue Europa contre le Celta Vigo, a toutefois contribué aux recettes télévisuelles et marketing, qui se sont élevées à 38,4 millions d’euros.
L’OL pas encore parfaitement rétabli
La dette financière a également diminué, passant de 517,9 à 409,8 millions d’euros, soit une baisse de 108,1 millions. Cette évolution doit cependant être relativisée, puisqu’elle résulte notamment d’abandons de créances et d’un nouveau prêt. En outre, le déficit demeure affecté par la dépréciation de 205 millions d’euros de créances incertaines liées aux anciennes structures de John Textor. Le conflit judiciaire avec l’ancien dirigeant se poursuit, notamment autour d’opérations financières et de transferts de joueurs entre Lyon et Botafogo (Brésil), l’autre équipe détenue par l’homme d’affaires américain.
Il faudra confirmer les progrès sur plusieurs exercices
L’Olympique lyonnais a donc engagé un redressement financier tangible. Mais celui-ci reste incomplet. La poursuite des économies et l’amélioration des revenus seront déterminantes pour retrouver l’équilibre, sous la surveillance de la DNCG et de l’UEFA. Une qualification en Ligue des champions la saison prochaine (après le coche manqué contre Fenerbahçe cette année) pourrait accélérer ce processus grâce aux recettes supplémentaires qu’elle générerait. Le club devra toutefois confirmer ses progrès sur plusieurs exercices, avec l’objectif de consolider durablement ses finances sans sacrifier ses ambitions sportives.




