Les hautes rémunérations : un facteur de déséquilibre économique

L’écart entre les hauts salaires et les rémunérations plus modestes se creusent, avec un impact qui ne se limite pas au symbole. Une étude publiée par Terra Nova, un think tank proche du Parti socialiste, considère que les trop fortes rémunérations de certains dirigeants entretiennent des déséquilibres macro-économiques.

Dans cette étude intitulée “Pour une régulation des hautes rémunérations” et coordonnée par Martin Hirsch et le syndicaliste Gaby Bonnand (CFDT), Terra Nova note que “l’existence d’écarts aussi élevés entre les rémunérations pose des problèmes de justice sociale, de gestion des risques et d’efficacité économique, notamment au niveau de leur impact sur les dépenses publiques et les déficits”, avec un risque sur les équilibres macro-économiques.

Un des enjeux concerne les prestations sociales. “Les plus hautes rémunérations sont l’un des facteurs à l’origine de dépenses publiques élevées, y compris de dépenses sociales”, relève l’étude, notamment parce que la réduction des inégalités passe depuis longtemps par la hausse des prestations sociales par recherche d’équilibre.

D’autre part, “le taux d’épargne étant croissant avec les revenus, la concentration des richesses dans le haut de la distribution ne favorise pas le dynamisme de la consommation intérieure”. Autrement dit, on constate que la “captation” de l’augmentation de la valeur ajoutée par les 10 % les plus riches entraîne une stagnation du salaire médian; 80% des salaires intermédiaires se détériorent ainsi.

Onze propositions pour une régulation des hautes rémunérations

Face à ces déséquilibres macro-économiques, l’étude formule onze recommandations qui visent non seulement à réduire les inégalités, mais aussi à introduire plus de transparence et de régulation. Parmi ces propositions : accroître les taux d’imposition portant sur les plus hautes rémunérations avec une limitation des possibilités de contournement, diffuser au sein de l’entreprise les écarts de rémunération ainsi que les critères de rémunération variable, qui devrait d’ailleurs inclure un objectif social/environnemental dans les sociétés cotées, supprimer les retraites chapeaux,  soumettre les rémunérations les plus élevées au vote de l’assemblée générale des actionnaires ou adopter un plafonnement en valeur absolue des bonus des traders.

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