Les librairies frappées par la hausse de la TVA

Depuis trente ans, les librairies indépendantes sont protégées par une exception toute française : le prix unique. Mais la hausse de la TVA sur les livres, passée de 5,5% à 7% le 1er avril pourrait fragiliser encore plus ce secteur déjà fortement touché par la vente en ligne et les e-books.

Néanmoins, le candidat socialiste François Hollande aurait déjà promis un retour à la TVA à 5,5% dans le cas où il serait élu le 6 mai.

Pour le directeur de l’Observatoire du livre et de l’écrit en Île-de-France, Vincent Monadé, lui-même ancien libraire, cette hausse de TVA revient à avoir mis « dans le barillet la balle destinée à tuer les libraires indépendants ».

Quant à Guillaume Husson, délégué général du Syndicat de la librairie française (SLF), il estime que « c’est beaucoup de risques pour une goutte d’eau dans les caisses de l’État, considérant l’ampleur de la dette. Le point et demi de hausse de la TVA sur le livre est évalué à 60 millions d’euros au maximum ».

La France possède un des réseaux de libraires les plus denses aux monde, avec quelques 2.500 librairies, contre 1.000 en Grande-Bretagne, par exemple.

Le prix unique, instauré en 1981, permet aux libraires indépendants de rivaliser avec les grandes enseignes, les supermarchés et les sites internet. La hausse de la TVA sera absorbée par les éditeurs, ce qui augmentera la facture du consommateur.

Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2012, la TVA sur les e-books a été ramenée de 19,6% à 7%, ce qui les met au même niveau que le livre imprimé. Le syndicat national de l’édition (SNE) rappelle que le livre fait l’objet de taxes plus faibles dans d’autres pays comme l’Espagne où elle est à 4% ou encore le Luxembourg où elle est de 3%. Dans certains pays, le livre fait même l’objet d’exemption fiscale.

Cette hausse pourrait « faire passer dans le rouge tous les libraires et en acculer certains à la fermeture » s’inquiète Guillaume Husson.

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