Jean-Yves Ollivier prône une autre relation France-Afrique

Jean-Yves Ollivier prône une autre relation France-Afrique

Peut-on envisager des rapports entre la France et le continent Africain en dehors la Françafrique si souvent décriée ? C’est en tout cas la position de Jean-Yves Ollivier, homme d’affaires français influent en Afrique, qui dénonce dans une tribune parue sur le site Atlantico à la fois les mécanismes de la Françafrique et le désengagement français du continent africain.

Jean-Yves Ollivier est une personnalité incontournable du monde des affaires en Afrique, et notamment en Afrique australe, où il est particulièrement actif dans les secteurs liés à l’énergie et aux matières premières (champs pétroliers, mines,…). A cette casquette d’entrepreneur (présent depuis plus de quarante ans sur le continent africain) se double celle d’émissaire diplomatique et de facilitateur dans des négociations de paix.

Un rôle de l’ombre, menée de front avec ses activités professionnelles par le biais des contacts personnels noués avec les autorités locales, dont Jean-Yves Ollivier se dit « fier » et qu’il ne veut pas voir confondre avec les excès de la Françafrique et ses « faux émissaires qui s’acharnent à dévoyer les relations entre la France et l’Afrique ».

« La France est en train de perdre pied en Afrique »

Selon lui, tous les rapports franco-africain ne peuvent pas être jugés par le prisme de la France-Afrique et ces représentations « manichéennes » nuisent finalement à la position de la France sur le continent et aux investisseurs français qui tentent de développer leurs affaires en Afrique. « Si la France est en train de perdre pied en Afrique, l’image désastreuse de la Françafrique n’y est pas étrangère », explique-t-il d’ailleurs.

Une Françafrique héritée de la période post-coloniale qui n’a rien a voir avec le monde des affaires et qui ne consiste qu’à le parasiter. « Les hommes de la Françafrique […] ne contribuent pas au développement économique de l’Afrique mais bénéficient en réalité de leurs médiations pour gagner de l’argent facile », assure-t-il.

Le lien entre désengagement de la France en Afrique et mauvaise image de la Françafrique est évident pour Jean-Yves Ollivier, qui l’explique par un double effet :

« D’une part, l’opinion publique française perçoit désormais négativement tout ce qui a trait au continent africain, et les investisseurs français sont extrêmement frileux à l’idée de se lancer sur un marché jugé risqué voire préjudiciable à leur réputation. D’autre part, les pays africains se défient d’une France avec laquelle ils ne sont souvent en contact que par l’entremise de marchands d’influence avides de gain ».

L’homme d’affaires regrette d’autant plus cet éloignement économique entre la France et l’Afrique que le continent est en pleine expansion, qu’il sera prochainement au cœur de l’économie mondiale et que les pays émergents (Chine en tête) sont en train d’y investir massivement.

« Face à une Afrique pleine de promesses économiques, la France a plus que jamais besoin de retisser des liens sur le continent. Inscrit dans le long terme, un tissu relationnel débarrassé de l’affairisme de la Françafrique » peut et doit jouer ce rôle, conclut-il avant de donner deux pistes  pour mettre en place ces nouveaux rapports assainis.

Pour réussir à réinstaurer des rapports économiques privilégiés entre notre pays et le Continent africain, la France doit « désavouer ses faux mandataires » et s’ouvrir davantage aux régions situées en dehors de son « pré carré » colonial où elle pourra nouer des relations plus saines et apaisées. »

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