L’austérité fortement critiquée en Europe

Alors qu’elle était l’apanage de l’aile gauche des partis de gauche en Europe, la critique de la politique d’austérité a trouvé de nouveaux partisans ces derniers jours. Le discours se radicalise et l’Allemagne d’Angela Merkel est notamment prise pour cible.

En cette fin du mois d’avril 2013, l’horizon se noircit de plus en plus. Le cap des 6 millions de chômeurs est dépassé en Espagne,  la France a battu son record de 1997 avec 3,2 millions de demandeurs d’emplois. En Europe, le taux de chômage ne fait qu’augmenter et a atteint 10,9% au début du mois d’avril 2013.

Et de plus en plus de responsables européens imputent ces mauvais résultats aux politiques d’austérité menées un peu partout sur le vieux continent depuis le début de la crise des dettes souveraines en 2011. Ces derniers jours, le président de la Commission Européenne José Manuel Barroso a estimé que « l’austérité a atteint ses limites en Europe ». De son côté, Martin Schulz,  président du Parlement Européen, considère que l’austérité « va trop loin ».

Des erreurs de calculs

Parallèlement à ces critiques à l’encontre des politiques de rigueur, la révélation de l’existence d’erreurs de calculs dans le travail de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff a donné un argument supplémentaire aux détracteurs des politiques d’austérité. Malgré une erreur de codage de leur tableur Excel, ces deux chercheurs d’Harvard considèrent que les conclusions de leur travail sont toujours viables : la croissance ralentit de manière brutale si l’endettement dépasse 90% du PIB.

Alors que l’Italie tente de sortir progressivement de l’impasse politique, l’Allemagne qui concentre les critiques est entrée en campagne. Un changement de ligne politique ou un infléchissement pourrait coûter à Angela Merkel sa réélection. La chancelière continue donc de prôner à ses voisins le retour à l’équilibre des finances publiques.

Un vrai risque d’isolement

Il faut dire que l’Allemagne est le seul pays excédentaire en Europe. Cependant, les exportations allemandes sont essentiellement portées par des pays européens. Or, des partenaires affaiblis, qui ne sont plus en mesure d’acheter, ne peuvent que nuire au commerce extérieur de la première puissance européenne.

Si la stratégie du bouc-émissaire adoptée en France ces derniers jours peut sembler simpliste, une remise à plat des orientations économiques de la zone euro semble nécessaire. Sans cela, l’Allemagne risque de s’isoler sur la scène européenne.

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