Aide au crédit des PME : la France s’aligne sur l’Union Européenne

La Banque centrale européenne, par la voix de Mario Draghi, vient de mettre en œuvre un assouplissement monétaire substantiel et a fait part de sa volonté de soutenir le crédit des PME. Mais elle reconnaît que c’est à l’échelle des Etats que le gros des efforts doit être fourni pour renouer avec la croissance. La France a saisi le message et a déjà engagé d’importantes réformes.

Voilà une décision européenne qui va donner un coup de pouce considérable au financement des entreprises. Jeudi 2 mai, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de réduire ses taux d’intérêt. Consciente que cette baisse n’aurait sans doute qu’un effet limité sur la croissance, la BCE  a également fait savoir qu’elle garantissait aux banques de la zone euro des liquidités illimitées et qu’elle comptait se pencher sur les moyens de favoriser les prêts aux petites et moyennes entreprises (PME).

Les PME sont par ailleurs une priorité revendiquée de la BCE qui a constaté ces derniers mois que sa politique monétaire n’était pas forcément la plus favorable à l’octroi de crédits bancaires, en particulier à l’endroit de ces dernières. Elles sont pourtant à la fois les plus en difficultés dans la zone euro et celles sur lesquelles repose le plus fort potentiel de croissance. Il est probable que le BCE prenne d’autres mesures allant dans le sens d’un accès plus facile au crédit pour les PME dans les mois à venir.

Mario Draghi a en outre exhorté les gouvernements à la mise en œuvre de réformes structurelles afin de renouer avec la croissance. La clôture des Assises de l’entrepreneuriat en France a fait écho à cette injonction.  Il a notamment été question d’élever le plafond du  Plan d’épargne en actions (PEA) de 132. 000 à 150. 000 euros, destiné à favoriser l’investissement boursier pour les particuliers.

Conscient que sur les 118 milliards d’euros d’encours des PEA, 3% seulement des fonds alimentent des PME ou des ETI, François Hollande a fait valoir que des versements complémentaires seraient possibles dans la limite de 75 000 euros et seulement s’ils étaient dédiés à l’acquisition d’actions et parts sociales de PME et ETI.

Une mesure qui vient compléter la mesure phare du plan national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), qui se résume en un allégement direct des charges fiscales, un crédit versé à l’entreprise encore sous-utilisée. Quand le CICE engage l’état, le relèvement du plafond des PEA permet de réorienter l’argent des particuliers pour alimenter l’économie réelle.

« Il reste à mettre en place un véritable tableau du financement des PME dans notre économie et revoir le système de notation qui concerne les PME. Sans connaissance précise de la réalité économique, nos décideurs ne peuvent effectuer des choix pertinents pour corriger les déséquilibres. L’information première réside aujourd’hui dans les entreprises même les TPE » analyse par ailleurs Éric Verhaeghe, ancien Président de l’APEC (l’Association pour l’emploi des cadres).

Un point clé qui nécessite de mettre en place des outils de calcul performant. L’ASMEP-ETI, Syndicat des entreprises de taille intermédiaire leur donne déjà la possibilité de faire le point sur leur situation fiscale grâce à un calculateur en ligne mais les dispositifs générateurs d’information doivent être généralisés et systématisés.

Gageons que les effets des efforts manifestes engagés par la France, réceptive en la matière aux directives européennes, se fassent ressentir sans tarder. Les décisions prises en amont il y a quelques mois commencent seulement à prendre forme. Les prochains mois nous diront si les résultats sont au rendez-vous.

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